le monde.
Je pense que le concept de vie privée est déjà compromis. »
Melissa étouffa un bruit qui ressemblait presque à un rire nerveux.
Marianne lui lança un regard meurtrier.
Camille croisa les bras.
« Depuis mars.
Mais je pensais réellement que vous étiez séparés.
Il disait que vous gardiez les apparences jusqu’à ce voyage pour ne pas bouleverser sa mère avant son anniversaire. »
Marianne pâlit.
« Tu as utilisé mon anniversaire comme couverture ? »
Marc secoua la tête.
« Maman, ce n’est pas aussi simple. »
Sofia faillit rire.
Ce soir-là, tout ce qui était cruel devenait soudain compliqué dès qu’il fallait en assumer les conséquences.
« Et le massage ? » demanda-t-elle.
Camille répondit avant lui.
« C’était son idée.
Il m’a dit que tu partirais demain avec Melissa. »
Melissa se redressa.
« C’est pour ça que tu insistais tellement pour que je l’emmène au souk ? »
Marc ferma les yeux.
Une autre pièce trouva sa place.
Sofia pensa à ses soirées tardives depuis février.
Aux appels qu’il prenait sur le balcon.
À son téléphone désormais toujours posé écran contre table.
Rien de tout cela n’avait constitué une preuve.
Mais ensemble, les détails formaient enfin une histoire.
Camille sortit son téléphone.
« Il y a autre chose. »
Marc ouvrit les yeux.
« Non. »
Cette fois, Camille sembla comprendre à la peur dans sa voix que ce qu’elle s’apprêtait à montrer était plus important que l’affaire elle-même.
« Il m’a envoyé la capture d’écran d’un virement », dit-elle.
« Il disait que c’était son fonds pour louer un appartement après votre séparation. »
Sofia sentit son ventre se nouer.
Depuis mai, de petites sommes quittaient régulièrement leur compte commun.
Deux mille euros.
Mille cinq cents.
Trois mille.
Au total, presque quatorze mille euros.
Marc lui avait dit qu’il remboursait un ancien prêt consenti par Marianne lorsqu’ils avaient acheté leur premier appartement.
Sofia s’était étonnée de n’en avoir jamais entendu parler auparavant.
Marc avait répondu que c’était une dette informelle entre sa mère et lui.
Elle n’avait pas insisté.
Camille lui tendit son téléphone.
Le bénéficiaire visible sur la capture d’écran n’était pas Marianne.
C’était une société civile immobilière enregistrée au nom de Marc et d’un associé que Sofia ne connaissait pas.
« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle.
Marc ne répondit pas.
Richard s’avança pour regarder.
Son visage changea.
« Marc… tu as créé cette société avec qui ? »
« Ça ne te regarde pas. »
« Tu as utilisé de l’argent commun ? » demanda Sofia.
« C’était temporaire. »
Voilà.
Pas faux.
Pas impossible.
Temporaire.
« Combien ? »
« Sofia… »
« Combien ? »
Il passa une main sur sa nuque.
« Quatorze mille.
Peut-être un peu plus. »
Elle pensa aux mois passés à comparer les taux immobiliers avec lui.
Aux concessions qu’elle avait faites parce qu’il disait qu’ils devaient économiser davantage.
Aux vacances qu’ils avaient repoussées.
« Pour quoi faire ? »
Marc regarda Camille, puis sa mère, puis le sol.
« Un apport sur un petit appartement. »
Camille recula comme si elle venait d’être frappée par la phrase.
« Tu m’avais dit que l’argent venait de ton bonus. »
« Je comptais le remettre. »
Sofia entendit enfin la vérité entière.
Marc ne