Il L’a Laissée Saigner, Puis La Maison Était Vide

ne pas faire tourner le monde autour d’elle.

»

En arrivant devant la maison, il remarqua d’abord que les volets étaient fermés.

Il trouva cela agaçant.

Puis il vit que la vitre latérale près de l’entrée avait été remplacée par une plaque temporaire.

Là, quelque chose se contracta en lui.

Il entra en appelant :

« Inès ? »

Aucune réponse.

Sa voix résonna dans le hall.

« C’est bon, j’ai compris.

Tu veux me faire culpabiliser.

»

Il posa sa valise avec brutalité.

L’odeur de produit nettoyant le frappa.

Une odeur forte, froide, qui ne ressemblait pas à la maison.

Dans le salon, les cadres avaient disparu.

Les photos de mariage n’étaient plus sur l’étagère.

Le coussin jaune qu’Inès aimait avait quitté le canapé.

Dans la cuisine, le tire-lait n’était plus là.

Les biberons non plus.

Marc monta les escaliers.

La chambre de Lila était vide.

Pas rangée.

Vidée.

Le berceau avait disparu.

Les petits vêtements aussi.

La commode était ouverte, ses tiroirs retirés.

Au sol, le tapis persan n’était plus là.

À sa place, il restait un rectangle pâle et nu, bordé de minuscules fibres coupées.

Quelqu’un avait découpé la partie tachée.

Marc resta immobile.

Il pensa d’abord à l’argent.

Puis à ce que ses voisins avaient pu voir.

Puis seulement, très loin derrière, à la possibilité qu’Inès ait réellement failli mourir.

Il redescendit dans la cuisine et aperçut l’enveloppe sur la table.

Son prénom était écrit dessus.

Pas « Marc chéri ».

Pas « Mon amour ».

Marc.

Il arracha le rabat.

À l’intérieur se trouvaient une clé, une copie imprimée de sa publication et une lettre de deux lignes.

« Tu as choisi ton anniversaire.

Moi, j’ai choisi de survivre.

Ne cherche pas Lila avant d’avoir parlé à mon avocate.

»

Le papier se froissa entre ses doigts.

Son téléphone sonna aussitôt.

Numéro inconnu.

Il décrocha.

« Monsieur Veyrat ? Ici Maître Delorme.

Votre épouse est vivante.

Votre fille aussi.

Vous n’êtes pas autorisé à les approcher.

»

Marc eut un rire bref.

« Pardon ? »

« Une demande d’ordonnance de protection est déposée.

Vous recevrez les documents officiels.

Toute tentative de contact direct avec madame ou l’enfant sera signalée.

»

« Vous savez à qui vous parlez ? »

« Oui.

»

Le calme de l’avocate l’irrita plus que n’importe quelle insulte.

« Ma femme est instable.

Elle vient d’accoucher.

Sa sœur la manipule depuis des années.

»

« Les médecins ont documenté son état.

Les secours ont constaté la scène.

Les messages vocaux existent.

La publication publique existe.

La caméra de votre entrée existe aussi.

»

Marc leva brusquement les yeux vers le coin du plafond.

Le petit boîtier noir clignotait.

Il l’avait oublié.

Lui qui surveillait tout.

« Cette caméra est privée », dit-il.

« Elle filmait votre propre hall, monsieur.

On vous y entend refuser l’appel aux secours.

On vous y voit partir avec votre valise.

»

Sa bouche devint sèche.

« C’est sorti de son contexte.

»

« Alors vous l’expliquerez.

»

La ligne coupa.

Marc resta quelques secondes le téléphone contre l’oreille.

Puis un autre appel arriva.

Son associé, Arnaud.

Marc inspira, remit son visage en place et répondit avec un ton presque amusé.

« Oui ? »

La voix d’Arnaud était tendue.

« Dis-moi que c’est faux.

»

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