absent et avait toujours montré une politesse simple, sans curiosité déplacée.
À 5 h 42, son téléphone vibra.
« J’ai la vidéo.
On voit Solange arriver hier soir avec un sac noir à 22 h 31.
Marc lui ouvre.
Ils restent sur le perron quelques minutes.
Il y a du son, mais pas très clair.
Je peux te donner la copie. »
Élise fixa le message longtemps.
Marc avait ouvert la porte.
Solange n’était pas entrée seule avec son idée folle.
Il l’avait accueillie.
Il avait su qu’elle venait avec quelque chose.
Peut-être pas tout.
Peut-être assez.
La brûlure sur son crâne sembla revenir d’un coup.
À 7 h 10, Marc descendit en peignoir, son téléphone à la main.
« Pourquoi ma carte est refusée ? »
Élise était déjà habillée.
Chemise blanche, pantalon noir, manteau sombre posé sur le dossier de la chaise.
Elle avait noué le foulard bleu nuit de sa mère autour de son poignet, pas sur sa tête.
Elle voulait que le monde voie ce qui avait été fait.
Pas par honte.
Par preuve.
« Quelle carte ? » demanda-t-elle.
Marc leva les yeux au ciel.
« Ne commence pas.
Celle du compte.
Je viens d’essayer de payer l’acompte pour le garage.
Refusée. »
Solange entra à son tour, alertée par le ton de son fils.
« Qu’est-ce que tu as encore fait ? »
Élise posa sa tasse.
« J’ai séparé mes finances. »
Marc resta une seconde bouche entrouverte.
« Tu plaisantes. »
« Non.
Les cartes liées à mon salaire sont annulées.
Les prélèvements qui ne me concernent pas directement sont suspendus.
Tu recevras les notifications de tes créanciers. »
Solange porta une main à sa poitrine.
« Tu ne peux pas priver ton foyer par vengeance. »
« Mon foyer ? » Élise tourna lentement vers elle son visage calme.
« Cette nuit, vous m’avez attaquée pendant que je dormais.
Ce matin, vous appelez encore cela un foyer. »
Marc tapa du poing sur le plan de travail.
« Ça suffit.
Tu vas appeler la banque et remettre tout comme avant. »
« Non. »
Le mot claqua, net.
Marc plissa les yeux.
« Fais attention. »
« C’est ce que je fais enfin. »
La sonnette retentit.
Marc regarda la porte.
« Tu attends quelqu’un ? »
Élise se leva.
« Oui. »
Sur le seuil se tenait Maître Derval, manteau beige, dossier noir sous le bras.
Derrière elle, Hugo tenait une clé USB dans une enveloppe transparente.
Son visage était tendu, embarrassé, mais déterminé.
Marc blêmit dès qu’il le vit.
« Pourquoi il est là ? »
Hugo avala sa salive.
« Parce que ta femme m’a demandé une copie de ma caméra. »
Solange fit un pas en arrière.
Maître Derval entra sans hausser le ton.
« Madame Moreau m’a contactée cette nuit.
Avant toute discussion, je précise qu’elle ne signera rien, ne rétablira aucun accès bancaire et ne quittera pas les lieux sans témoin. »
Marc ricana, mais son rire sonnait creux.
« Vous vous rendez compte du ridicule ? Une histoire de cheveux, et elle appelle une avocate. »
L’avocate posa ses yeux sur le crâne d’Élise, puis sur le rasoir encore visible dans la salle de bain ouverte.
« Une agression commise sur une personne endormie