n’est pas une histoire de cheveux. »
Solange croisa les bras.
« J’ai agi pour sauver le mariage de mon fils. »
« Vous venez de confirmer l’intention.
Merci. »
Marc se tourna brusquement vers sa mère.
« Maman, arrête de parler. »
Élise sentit un frisson lui traverser le dos.
Ce n’était pas la phrase d’un fils qui découvre l’horreur.
C’était celle d’un complice qui veut limiter les dégâts.
Hugo tendit la clé USB à l’avocate.
« Il y a la vidéo de l’arrivée.
Et… il y a une partie de la conversation sur le perron. »
Marc devint livide.
Élise le remarqua.
« Quelle conversation ? »
Hugo regarda ses chaussures.
« On n’entend pas tout.
Mais on entend Marc dire que si ça ne suffisait pas, il faudrait utiliser le dossier de ta mère pour montrer que tu n’es pas stable.
Je suis désolé, Élise. »
La cuisine sembla s’éloigner.
Le dossier de sa mère.
Élise n’avait parlé de cela qu’à Marc.
Sa mère avait souffert pendant des années d’une maladie psychiatrique sévère, et certains membres de leur famille s’en étaient servis pour discréditer Élise à chaque conflit.
Le soir de l’enterrement, elle avait confié cette peur à Marc dans la voiture, épuisée, vulnérable, convaincue qu’elle pouvait lui confier sa blessure la plus ancienne.
Il l’avait gardée comme une arme.
Elle se tourna vers lui.
« Tu as parlé de ma mère ? »
Marc secoua la tête trop vite.
« Non.
C’est sorti du contexte. »
« Quel contexte rend ça acceptable ? »
Il ne répondit pas.
Solange, elle, perdit patience.
« Tu étais devenue incontrôlable.
Avec ton nouveau poste, tu allais encore moins écouter Marc.
Il fallait te rappeler que tu as une famille. »
Maître Derval sortit un carnet.
« Continuez, je vous en prie. »
Marc explosa.
« Maman, tais-toi ! »
Ce cri révéla tout.
Il n’était pas révolté par la violence.
Il était terrifié par la trace.
La sonnette retentit une nouvelle fois.
Élise sursauta malgré elle.
Quand elle ouvrit, Claire Beaumont était là, en manteau gris, les traits tirés mais le regard ferme.
Elle fixa une seconde le crâne rasé d’Élise.
Ses yeux brillèrent d’une colère contenue.
Elle ne posa aucune question inutile.
Elle prit simplement les mains d’Élise.
« Votre place vous attend au bureau.
Et vous ne traverserez pas ça seule. »
Marc tenta de reprendre le contrôle.
« Madame, c’est une affaire privée. »
Claire entra sans le regarder comme un interlocuteur important.
« Une tentative d’intimidation contre une salariée promue hier soir n’est pas privée quand elle vise à l’empêcher d’exercer ses fonctions. »
Puis elle posa une enveloppe kraft sur la table.
Élise vit son prénom écrit dessus d’une écriture nerveuse qu’elle reconnut aussitôt.
Celle de Marc.
Son souffle se coupa.
« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle.
Claire répondit d’une voix lente.
« Un dossier anonyme reçu hier soir par les ressources humaines.
Il contenait des accusations contre vous : instabilité émotionnelle, abus d’autorité, prétendue liaison avec un supérieur.
Rien n’était prouvé.
Certaines pièces étaient grossièrement manipulées.
Mais l’imprimante utilisée a laissé un code interne. »
Elle regarda Marc.
« Ce code correspond à l’imprimante du garage où travaille votre mari. »
Marc s’appuya contre le plan de travail.
Solange porta la main