immédiatement Antoine.
Élise ne répondit pas.
Elle ouvrit ses sauvegardes.
Son pouce s’arrêta.
Un fichier enregistré le mardi précédent à 2 h 13 du matin.
Durée : cent dix-sept minutes.
Elle n’avait aucun souvenir d’avoir utilisé son téléphone cette nuit-là.
« Papa. »
Marc se rapprocha.
Élise lança l’enregistrement.
D’abord, des froissements.
Sa propre respiration.
Puis sa voix, lente, ensommeillée.
« Antoine… demain.
Je signerai demain. »
La réponse de son mari sortit du haut-parleur.
« Non.
Demain, tu recommenceras à poser des questions.
Signe maintenant. »
Un bruit de papier.
Sa propre voix : « Je ne vois pas bien. »
Puis celle d’Hélène.
« Fais-lui tenir le stylo correctement.
La dernière signature n’était pas assez ressemblante. »
Quelqu’un, derrière Élise, étouffa un juron.
Hélène porta les deux mains à sa bouche.
Antoine se précipita vers le téléphone.
Julien Caron, son ami d’enfance, l’arrêta avant qu’il puisse atteindre Élise.
Julien avait passé toute la soirée près de la table sans prononcer plus de quelques mots.
Élise avait remarqué qu’il évitait le regard d’Antoine depuis son arrivée.
Il posa une main ferme sur son épaule.
« Ne la touche pas. »
Antoine se retourna.
« Dégage. »
« Non. »
« Ça ne te concerne pas. »
Julien eut un rire amer.
« C’est ce que je me répète depuis trop longtemps. »
Il recula et sortit une petite clé de sa poche.
Une étiquette rouge y était attachée.
« Élise, il faut que je te dise quelque chose. »
Antoine blêmit.
« Julien.
Ferme-la. »
Julien posa la clé dans la paume d’Élise.
« Il y a deux mois, Antoine m’a demandé de garder une mallette dans mon garage.
Il disait qu’il s’agissait de documents professionnels sensibles et qu’il ne voulait pas les laisser chez lui pendant des travaux. »
« Et ? » demanda Marc.
« Hier soir, Antoine m’a appelé.
Il m’a demandé de la jeter si Marc venait à Bordeaux. »
Tous les regards convergèrent vers Antoine.
« Pourquoi aurais-tu demandé ça ? » demanda Élise.
« Il ment. »
Julien secoua la tête.
« J’ai l’appel dans mon historique.
Et je n’ai pas jeté la mallette. »
Il hésita.
« Je l’ai ouverte. »
Antoine fit un mouvement, mais Marc se plaça devant lui.
« Qu’avez-vous vu ? »
« Un passeport au nom d’Élise.
Sa photo, son nom complet… mais une mauvaise date de naissance.
Et plusieurs photocopies de documents d’identité. »
La cuisine sembla se refroidir.
Élise regarda la clé.
« Pourquoi fabriquer un faux passeport à mon nom ? »
Personne ne répondit.
Marc rappela les autorités et décrivit calmement les faits : violences physiques, possible falsification de documents, opérations financières contestées et enregistrement semblant montrer qu’une femme diminuée avait été poussée à signer.
Il ne donna aucune conclusion.
Il se contenta des faits.
Pendant ce temps, Antoine changea de stratégie.
Son arrogance disparut.
« Élise », dit-il doucement, « écoute-moi.
Je peux tout expliquer. »
Elle recula.
« Tu m’as frappée le jour de mon anniversaire. »
« J’ai perdu le contrôle. »
« Tu me donnais quoi le soir ? »
Il ne répondit pas.
« Antoine.
Que contenaient les comprimés ? »
« C’était pour dormir. »
« Prescrits par qui ? »
Silence.
Marc intervint.
« Ne prends