les dossiers de Julien aux enquêteurs. »
Raymond devint immobile.
Marianne murmura :
« Tu nous avais dit que tout avait brûlé. »
Victor secoua la tête.
« Pas tout.
J’ai retrouvé une boîte dans les archives de notre mère il y a deux mois.
Je n’avais pas compris pourquoi elle l’avait cachée.
Maintenant, je comprends. »
Raymond fit un pas en arrière.
Anaïs vit alors son regard se diriger vers la porte.
« Ne fais pas ça », dit Victor.
« Faire quoi ? »
« Partir avant l’arrivée de la police. »
Raymond eut un sourire froid.
« Tu n’as aucune preuve que j’ai commis quoi que ce soit. »
« Peut-être.
Mais nous avons suffisamment de documents pour rouvrir certaines questions.
Et nous avons maintenant une personne que tout le monde croyait morte. »
Le visage de Raymond se durcit.
« Elle était censée… »
Il s’interrompit.
Le silence tomba brutalement.
Marianne porta une main à sa poitrine.
Anaïs le fixa.
« J’étais censée quoi ? »
Raymond comprit qu’il venait de faire une erreur.
Il ne répondit plus.
Victor appela la sécurité.
Cette fois, Raymond ne protesta pas.
Il posa simplement son verre sur une console et regarda Anaïs avec une expression indéchiffrable.
« Vous ne savez pas ce que votre père avait découvert », dit-il.
« Alors dites-le-moi. »
« Demandez à Victor pourquoi il a attendu trente ans. »
Puis les agents l’emmenèrent.
Anaïs tourna lentement la tête vers Victor.
Il ne détourna pas les yeux.
« Il essaie de diviser la famille », dit Marianne.
Mais Victor leva une main.
« Non.
Anaïs mérite la vérité. »
Il s’approcha de la fenêtre.
« Après l’incendie, j’ai reçu une lettre de Julien.
Elle avait été envoyée avant sa mort mais elle est arrivée plusieurs jours plus tard.
Il disait avoir des preuves contre Raymond.
Il me demandait de protéger Marianne et Elise. »
« Pourquoi ne pas avoir parlé à la police ? »
« Je l’ai fait.
Mais une partie des preuves manquait.
Et Raymond avait des relations.
L’enquête a conclu que Julien était mort dans l’incendie et qu’Elise avait probablement subi le même sort. »
« Et vous avez abandonné ? »
La question fit mal à Victor.
« Jamais.
Nous avons dépensé des années à chercher.
Mais j’ai commis une erreur : j’ai cru les mauvaises personnes quand elles m’ont dit que tu ne pouvais pas avoir survécu. »
Anaïs détourna le regard.
Elle pensa à Rosa.
À toutes les soirées où sa mère adoptive remplissait des formulaires, appelait des bureaux administratifs, conservait des coupures de journaux.
« Rosa m’a cherchée une famille toute sa vie », dit-elle.
Marianne essuya ses yeux.
« J’aurais voulu la connaître. »
Anaïs sourit faiblement.
« Elle vous aurait posé cent questions avant de vous laisser m’approcher. »
Marianne rit à travers ses larmes.
Ce petit rire changea quelque chose dans la pièce.
Le lendemain matin, Anaïs se réveilla dans la chambre d’amis du manoir.
Elle avait refusé de rentrer dans l’appartement qu’elle partageait avec Marc.
Son téléphone contenait vingt-sept messages de lui.
Les premiers étaient furieux.
Puis défensifs.
Puis presque suppliants.
Il disait qu’il l’aimait.
Qu’il avait été stressé.
Qu’elle détruisait six ans de mariage pour une mauvaise soirée.
Anaïs lut le dernier message