maintenant. »
Marc pointa Anaïs du doigt.
« Si je pars seul, notre mariage est terminé. »
Elle retira lentement son alliance.
« Il était terminé bien avant ce soir.
Je n’avais simplement pas encore eu le courage de le regarder en face. »
Pour la première fois, Marc sembla réellement surpris.
Deux membres de la sécurité l’escortèrent jusqu’à la sortie.
Anaïs resta dans le salon avec Victor et Marianne.
Le silence qui suivit fut complètement différent.
Marianne s’assit en face d’elle.
« Je ne vais pas te demander de m’appeler maman. »
Anaïs sentit les larmes lui monter aux yeux.
« Merci. »
« Je ne vais même pas te demander de croire tout ce que je te raconte ce soir.
Nous ferons les tests nécessaires.
Nous vérifierons chaque dossier.
Tu décides du rythme. »
Cette prudence rassura Anaïs davantage qu’une déclaration spectaculaire.
Victor se dirigea vers une armoire et en sortit un coffret de bois.
« Il y a quelque chose que tu dois voir. »
À l’intérieur se trouvait une photographie ancienne.
Marianne, âgée d’une trentaine d’années, était assise devant une petite maison en bois.
Une fillette riait sur ses genoux.
Autour du cou de l’enfant pendait le médaillon.
Anaïs sentit son souffle se couper.
« C’était moi ? »
« Oui », murmura Marianne.
Anaïs retourna la photographie.
Une date était inscrite au dos : quatre jours avant l’incendie.
Et en dessous, une phrase.
Si quelque chose m’arrive, Victor sait pourquoi nous devons partir.
Anaïs releva les yeux.
« Pourquoi deviez-vous partir ? »
Victor regarda sa sœur.
Marianne devint très pâle.
« Parce que ton père avait découvert quelque chose. »
« Sur quoi ? »
« Sur notre famille.
Et sur l’entreprise que notre père possédait avant que Victor crée Langford Systems. »
Victor s’assit à son tour.
« Ton père s’appelait Julien Vasseur.
Il était enquêteur financier.
Quelques semaines avant l’incendie, il avait découvert que quelqu’un détournait de l’argent d’un fonds familial et falsifiait des documents de propriété. »
« Qui ? »
Victor resta silencieux.
Marianne répondit.
« Notre oncle, Raymond. »
Anaïs fronça les sourcils.
« Il est mort ? »
« Non. »
Victor regarda vers la porte du salon.
« Il est ici ce soir. »
Comme s’il avait entendu son nom, un homme âgé apparut dans l’encadrement de la porte.
Il était grand, impeccablement vêtu, avec des cheveux blancs rejetés en arrière.
Quand ses yeux se posèrent sur Anaïs, son expression se figea.
Puis il vit le pendentif.
Le verre qu’il tenait glissa presque de ses doigts.
« Marianne », dit-il.
« Qui est cette femme ? »
Marianne se leva.
« Tu la reconnais. »
Raymond secoua lentement la tête.
« Je ne l’ai jamais vue. »
Victor observa son visage.
« Alors pourquoi as-tu regardé immédiatement son pendentif ? »
Raymond ne répondit pas.
Anaïs sentit son cœur accélérer.
« Que s’est-il passé pendant l’incendie ? » demanda-t-elle.
Raymond tourna les yeux vers elle.
Pendant un instant, sa façade élégante disparut.
Il eut l’air d’un homme voyant surgir une erreur qu’il croyait enterrée depuis trente ans.
Puis il se ressaisit.
« Je ne sais pas de quoi vous parlez. »
Victor sortit son téléphone.
« Alors tu ne verras aucun inconvénient à ce que nous remettions