? »
Marc cligna des yeux.
« Pardon ? »
« Vous m’avez dit que votre femme était présente.
Pourtant elle se tenait seule dans le couloir de service.
Pourquoi ? »
« Elle est timide. »
Anaïs le regarda.
Marc lui adressa un avertissement silencieux.
Elle pensa à toutes les fois où elle s’était tue pour éviter qu’il se mette en colère.
Puis elle parla.
« Ce n’est pas vrai. »
Marc se raidit.
« Anaïs. »
« Tu m’as demandé de rester cachée parce que ma robe te faisait honte.
Tu m’as dit de prétendre travailler ici si quelqu’un me demandait qui j’étais. »
Un murmure parcourut les invités proches.
Marc sourit avec difficulté.
« C’était une plaisanterie entre nous. »
« Non », dit une voix derrière Anaïs.
La serveuse de l’alcôve s’était avancée.
« Je vous ai entendu, monsieur. »
Marc la fixa.
« Vous avez mal compris. »
« Vous avez dit que madame devait rester près du couloir de service parce qu’elle ne correspondait pas à l’image que vous vouliez donner. »
Le regard de Victor se refroidit.
« Intéressant. »
Une femme aux cheveux gris s’approcha.
Anaïs la reconnut vaguement comme la directrice juridique du groupe.
« Monsieur Langford, je crois que cela rejoint plusieurs éléments de notre dossier. »
Marc devint livide.
« Quel dossier ? »
Victor ne répondit pas immédiatement.
Il indiqua un petit salon adjacent.
« Nous devrions poursuivre cette conversation en privé. »
Marc sembla soulagé à l’idée d’échapper aux regards.
Mais Victor ajouta :
« Anaïs vient avec nous. »
Dans le salon, la directrice juridique ouvrit une tablette.
« Monsieur Delcourt, votre promotion était soumise à un examen final de votre comportement managérial.
Trois signalements avaient été déposés au cours des quatre derniers mois. »
Marc resta silencieux.
« Deux employés ont déclaré que vous humiliiez régulièrement les collaborateurs que vous considériez comme socialement inférieurs.
Un troisième a affirmé que vous lui aviez demandé de ne pas participer à une réunion client parce que son accent risquait de donner une mauvaise image de l’équipe. »
Anaïs sentit son estomac se contracter.
Les mêmes mots.
Le même mépris.
Marc secoua la tête.
« Ce sont des employés mécontents.
J’ai déjà expliqué tout ça. »
Victor croisa les bras.
« Oui.
Et jusqu’ici, vos explications avaient créé suffisamment de doute pour retarder une décision. »
Marc regarda Anaïs.
Il comprit avant que Victor poursuive.
« Ce soir vient de supprimer ce doute. »
« Vous allez ruiner ma carrière parce que ma femme et moi avons eu une dispute ? »
« Non.
Votre carrière est en difficulté parce que vous venez de démontrer devant témoins un comportement identique à celui décrit dans plusieurs plaintes professionnelles. »
Marc se tourna vers Anaïs.
« Dis-leur.
Dis-leur que tout cela est exagéré. »
Elle le regarda longtemps.
Il n’y avait aucune excuse dans ses yeux.
Seulement de la peur pour lui-même.
« Non. »
« Anaïs. »
« Non. »
Le mot lui donna une sensation presque physique de liberté.
La directrice juridique referma sa tablette.
« Votre nomination est suspendue immédiatement.
Vous êtes également retiré de vos responsabilités managériales pendant l’enquête. »
Marc se leva brusquement.
« C’est absurde. »
Victor ne bougea pas.
« Vous quitterez la propriété