Ils Se Moquaient d’Elle au Funérailles, Jusqu’à l’Ouverture du Dossier Secret

Le rire de mes frères a été la première chose que j’ai entendue en entrant dans la chapelle où reposait notre père.

Pas les cloches.

Pas la pluie.

Pas les murmures des cousins installés sur les bancs.

Leur rire.

Marc, mon frère aîné, a regardé mon manteau noir trop large puis a murmuré quelque chose à Julien.

Ils ont tous les deux souri comme lorsqu’ils étaient adolescents et venaient de décider que quelqu’un serait leur cible pour la journée.

J’ai continué d’avancer.

Le manteau appartenait à ma collègue Nadège.

Elle me l’avait apporté la veille dans un sac de courses en disant simplement : « Ne dépense pas trois cents euros pour des gens qui ne regarderont même pas ton visage. »

Elle avait raison.

Marc n’avait regardé que mes manches trop longues et mes chaussures usées.

Notre père, André Lenoir, reposait dans un cercueil de chêne clair sous une lumière douce.

Autour de lui, des couronnes de fleurs envoyées par des fournisseurs, des banques et des élus locaux rappelaient à tout le monde qu’il n’avait pas été seulement notre père.

Pendant quarante ans, il avait dirigé une entreprise de pièces industrielles devenue l’un des principaux employeurs de notre ville près de Lyon.

Pour moi, pourtant, il restait l’homme qui coupait les croûtes de mes tartines quand j’avais huit ans et qui appelait chaque dimanche soir même lorsque nous étions fâchés.

Je tenais une petite branche de romarin.

Il en faisait pousser sur son balcon et disait que cette odeur lui rappelait la maison de sa mère en Provence.

Lorsque je suis arrivée près du cercueil, Marc s’est approché.

Son costume anthracite était neuf.

Sa montre aussi.

« Tu aurais pu faire un effort », a-t-il soufflé en regardant mon manteau.

Je l’ai ignoré.

Julien s’est placé de l’autre côté.

« Laisse-la.

Elle va bientôt devoir économiser encore davantage. »

Marc a souri.

« Ah oui.

Tu ne sais peut-être pas encore.

Papa a réglé la succession.

Les parts de l’entreprise reviennent à Julien et moi.

Les propriétés aussi. »

J’ai tourné la tête vers lui.

« Quand aurait-il décidé ça ? »

« La semaine dernière. »

« La semaine dernière, il pouvait à peine tenir une tasse. »

Le sourire de Marc s’est durci.

« Il pouvait encore prendre des décisions. »

C’était exactement ce qu’il voulait que je conteste.

Il espérait me voir pleurer, crier ou accuser sans preuve.

Ensuite, il pourrait raconter à tout le monde que j’étais la fille rancunière revenue au moment de l’héritage.

Alors je n’ai rien fait de tout cela.

J’ai posé le romarin sur le cercueil.

« C’est curieux », ai-je dit calmement.

« Parce que Papa m’a appelée deux heures et dix-sept minutes avant sa mort. »

Le visage de Marc a changé.

Seulement une seconde.

Julien, lui, a froncé les sourcils.

« Il était sous morphine. »

« Pas quand il m’a appelée. »

« Il disait n’importe quoi depuis des jours. »

« Il m’a donné quatre informations précises.

Trois se sont déjà révélées exactes. »

Marc a jeté un regard vers les autres invités.

« Ce n’est ni le moment ni l’endroit. »

« Pour une fois, je suis d’accord avec toi. »

Derrière nous, les grandes portes se sont refermées.

M.

Delorme, le responsable de la

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