Elle l’a fait expulser du gala — puis la banque a appelé

nouveau coup fit vibrer le cadre.

Je restai immobile quelques secondes.

Puis j’approchai de la porte.

« Nadia, reste en ligne. »

J’attachai la chaîne et entrouvris.

Viviane se tenait devant moi, encore en robe de gala, mais sans manteau.

Derrière elle, mon père semblait épuisé.

Sa cravate pendait de travers et il ne portait plus sa veste.

« Annule ce que tu as fait », lança Viviane.

Je regardai mon père.

« Bonsoir. »

Il passa une main sur son visage.

« Élise, la banque a suspendu notre ligne de fonctionnement.

Nous avons des paiements fournisseurs lundi. »

« Pourquoi une modification prévue depuis sept ans déclencherait-elle une panique bancaire ? »

Viviane répondit trop vite.

« Parce que tu as agi sans comprendre les conséquences. »

Je sortis mon téléphone.

« Est-ce que les conséquences s’appellent Victor ? »

Son silence fut minuscule.

Mon père, lui, se figea.

« Victor ? »

Je montrai l’écran sans suffisamment ouvrir la porte pour qu’ils puissent entrer.

« Neuf millions d’euros.

Lemaire Développement.

Une garantie supposément adossée aux actifs de la Maison Beaumont. »

Gabriel regarda sa femme.

« Qu’est-ce que c’est ? »

Viviane inspira lentement.

« Un financement relais.

Temporaire. »

« Tu m’as dit que les papiers concernaient les rénovations de l’aile nord. »

« Parce que je savais que tu paniquerais si je devais t’expliquer tous les détails. »

Quelque chose se brisa sur le visage de mon père.

« J’ai signé sans lire ? » demanda-t-il.

« Tu as signé en sachant que je gérais les négociations financières. »

« Tu m’as menti. »

« Je protégeais notre avenir. »

Je laissai échapper un rire sans joie.

« En garantissant le projet de ton fils avec les terres de ma mère ? »

Viviane tourna vers moi un regard glacial.

« Ta mère est morte, Élise.

À un moment, les vivants doivent pouvoir avancer. »

Mon père leva brusquement la voix.

« Ça suffit. »

Elle se retourna vers lui, surprise.

C’était peut-être la première fois depuis des années que je l’entendais lui parler ainsi.

Il poursuivit : « Claire a construit cet endroit.

Élise avait le droit d’être au gala.

J’aurais dû le dire ce soir. »

Viviane resta immobile.

Puis elle sourit tristement.

« Voilà.

Nous y sommes.

Au premier problème, tu redeviens le veuf fidèle et moi l’étrangère. »

« Ce n’est pas ce que je dis. »

« C’est exactement ce que tu dis. »

Elle se tourna vers moi.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Je répondis sans hésiter.

« Les dossiers.

Tous. »

« Lesquels ? »

« Les échanges avec la banque.

Les pièces liées à Victor.

Les résolutions internes.

Les transferts sortants depuis deux ans. »

Son visage se ferma.

« Tu n’as aucune autorité sur mes affaires personnelles. »

« Non.

Mais j’ai autorité sur la fiducie, la propriété et les réserves financières de la Maison Beaumont.

Si les actifs ont servi à soutenir les affaires de Victor, cela me concerne directement. »

Mon père murmura : « Donne-lui les dossiers. »

Viviane le regarda comme s’il venait de la trahir.

« Tu choisis vraiment maintenant de lui obéir ? »

« Je choisis de comprendre ce que j’ai signé. »

Elle fit un pas en

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