m’avez privée de la possibilité de choisir », dit Léa.
« Vous avez aussi privé Hugo de la possibilité d’assumer ses choix.
Et vous avez peut-être privé Iris d’un suivi médical dont elle avait besoin avant même de naître.
Votre peur ne vous donnait pas ce droit. »
Geneviève baissa les yeux.
Pour la première fois, elle ne répondit pas.
Une infirmière entra avec les premiers résultats d’Iris.
Sofia les consulta.
Elle ne dramatisa pas.
« Nous avons encore besoin d’un examen génétique pour confirmer, mais son électrocardiogramme montre un intervalle qui mérite une surveillance immédiate.
Elle reste avec nous cette nuit. »
Léa sentit ses doigts se crisper sur le drap.
« Elle risque de mourir ? »
Sofia s’approcha.
« Là, maintenant, elle est stable.
Et contrairement à ce qui s’est passé dans cette famille pendant des années, nous savons ce que nous cherchons.
C’est une différence immense. »
Léa regarda sa fille derrière la vitre.
Iris dormait désormais, un bonnet blanc couvrant ses cheveux noirs.
« Je veux tout savoir », dit-elle.
« Aucun secret.
Même si c’est effrayant. »
« D’accord. »
Sofia sortit alors une enveloppe de sa blouse.
« Hugo m’a demandé de vous donner ça s’il n’avait pas le courage de vous parler lui-même. »
Léa regarda son prénom écrit sur l’enveloppe.
Elle ne la prit pas.
« Je préfère l’entendre. »
Une heure plus tard, après avoir reçu l’accord de l’équipe médicale, Léa fut installée dans un fauteuil roulant et conduite à l’étage de cardiologie.
Geneviève voulut les suivre.
Léa l’arrêta d’un regard.
« Pas cette fois. »
Sofia poussa doucement le fauteuil dans un couloir presque vide.
Devant la chambre 412, Léa sentit soudain sa colère se mêler à la peur.
Elle n’avait pas vu Hugo depuis six mois.
Elle avait imaginé cette rencontre des centaines de fois.
Dans certaines versions, elle le giflait.
Dans d’autres, elle ne disait rien.
Parfois, il revenait avec une explication parfaite qui rendait tout supportable.
En réalité, aucune explication ne pouvait rendre les six derniers mois inexistants.
Sofia ouvrit la porte.
Hugo était assis dans le lit, pâle, plus maigre que dans le souvenir de Léa.
Des électrodes couvraient sa poitrine.
Un moniteur affichait son rythme cardiaque derrière lui.
Lorsqu’il vit Léa, son visage se décomposa.
« Léa. »
Elle resta près de la porte.
Hugo regarda son ventre désormais plat sous la chemise d’hôpital.
Ses yeux se remplirent immédiatement de larmes.
« Elle est née ? »
« Oui. »
Il avala difficilement.
« Elle va bien ? »
Léa prit quelques secondes avant de répondre.
« Elle a eu une irrégularité cardiaque. »
Hugo ferma les yeux.
Sa main agrippa le drap.
« Non. »
« Sofia dit qu’elle est stable.
Ils font des examens. »
Il hocha la tête, mais sa respiration s’était accélérée.
« C’est exactement ce que je craignais. »
« Alors pourquoi tu ne m’as rien dit ? »
Hugo releva les yeux.
Il aurait pu accuser sa mère.
Il ne le fit pas.
« Parce que j’ai été lâche. »
La réponse surprit Léa.
« Ma mère m’a poussé à partir, oui.
Elle m’a convaincu que je détruirais ta vie si je restais.
Mais je suis parti.
Moi.
Je l’ai laissée parler à ma place parce que j’avais