infirmières entouraient encore Iris.
Une petite imprimante médicale produisit une bande de papier couverte de courbes.
« Appelez la cardiologue », dit quelqu’un.
Léa sentit la panique monter.
« Pourquoi une cardiologue ? »
La sage-femme posa une main sur son avant-bras.
« Parce qu’on veut être prudents.
Iris respire bien.
Sa couleur est bonne.
Regardez-moi.
Pour l’instant, elle va bien. »
Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit sur une femme d’une cinquantaine d’années aux cheveux noirs traversés de mèches argentées.
Elle se présenta comme la docteure Sofia Bellanger.
Sur le moment, Léa ne remarqua même pas le nom.
Sofia examina Iris, observa le moniteur, puis étudia longuement le tracé imprimé.
« Encore une mesure », demanda-t-elle.
L’infirmière obéit.
Sofia fronça légèrement les sourcils.
Puis elle consulta le dossier de Léa.
La réaction fut presque invisible.
Un souffle suspendu.
Une main qui cessa de tourner la page.
Un regard revenu vers une ligne précise.
« Madame Martin », dit-elle finalement, « le père d’Iris s’appelle Hugo Bellanger ? »
Léa tourna brusquement la tête.
« Oui. »
Sofia resta silencieuse.
« Vous le connaissez ? »
La médecin posa le dossier.
« C’est mon neveu. »
La pièce parut rétrécir.
Léa sentit son cœur battre jusque dans sa gorge.
Hugo lui avait parlé d’une tante cardiologue.
Très peu.
Il disait seulement qu’ils ne se voyaient presque plus à cause de conflits familiaux anciens.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda Léa.
Sofia regarda Iris.
« Cela signifie que l’irrégularité que nous venons d’enregistrer pourrait avoir une explication familiale. »
Léa eut immédiatement froid.
Sofia lui expliqua qu’il existait dans la famille Bellanger une anomalie électrique héréditaire pouvant provoquer des troubles dangereux du rythme cardiaque.
Lorsqu’elle était identifiée, les médecins pouvaient surveiller les patients, prescrire des traitements et recommander certaines précautions.
Le vrai danger venait souvent des personnes qui ignoraient être porteuses.
Léa écoutait à peine.
Une seule question tournait dans sa tête.
« Hugo savait ? »
Sofia hésita.
Cette hésitation fut la réponse.
« Depuis quand ? »
« Peu après que vous lui avez annoncé votre grossesse. »
Léa ferma les yeux.
La douleur physique de l’accouchement semblait soudain très loin.
« Il m’a laissée sans me dire que notre enfant pouvait avoir un problème cardiaque ? »
« La situation était plus compliquée. »
« Non.
Cette partie est très simple.
Il savait quelque chose qui concernait notre bébé.
Je ne savais rien. »
Sofia encaissa la phrase sans chercher à se défendre.
« Vous avez raison. »
Puis elle raconta ce qu’Hugo avait découvert.
Son père, Marc Bellanger, était mort lorsque Hugo avait seize ans.
La famille avait toujours parlé d’un accident cardiaque imprévisible, une tragédie impossible à anticiper.
Des années plus tard, lors du déménagement de la maison familiale, Hugo avait trouvé une boîte contenant d’anciens comptes rendus médicaux.
Il avait découvert que son père avait présenté plusieurs épisodes de troubles du rythme avant sa mort.
Une analyse ancienne évoquait déjà une possible anomalie héréditaire.
Personne ne lui en avait parlé.
Lorsque Léa lui avait annoncé sa grossesse, Hugo avait soudain compris que la question ne concernait plus seulement sa propre santé.
Trois jours plus tard, il était venu voir Sofia.
« Il était terrifié », dit-elle.
« Il m’a demandé si