Mon oncle nous a jetés dehors… jusqu’à ce que l’avocate ouvre l’enveloppe

la table.

« Très bien. »

Il se tourna vers Camille.

« Tu veux agir comme une adulte ? Alors débrouille-toi comme une adulte. »

Il prit le sac à langer posé sur une chaise et le vida sur la table.

Trois couches.

Une couverture.

Une petite girafe en tissu.

Un paquet presque vide de lingettes.

Et la montre de Thomas Renaud.

Camille la cachait depuis l’enterrement.

Elle ne fonctionnait plus.

Le verre était rayé.

Mais son père la portait presque tous les jours.

Marc la ramassa.

« Qu’est-ce que ça fait là ? »

« C’est à moi. »

« Non.

Ça appartenait à ton père. »

« C’est pour ça que c’est à moi. »

Marc la regarda longuement.

Puis il posa la montre sur le buffet, hors de portée.

Camille posa Léo dans son berceau portable quelques secondes, grimpa sur une chaise et reprit la montre.

Quelque chose se durcit dans le visage de Marc.

« Donne-la-moi. »

« Non. »

Ce fut le premier refus franc qu’elle lui avait opposé depuis son arrivée.

Sophie murmura son prénom.

Marc ne la regarda même pas.

Il ouvrit la porte d’entrée.

« Dehors. »

Camille pensa avoir mal entendu.

« Quoi ? »

« Toi et les bébés.

Dehors. »

« Marc, il fait trente-cinq degrés », dit Sophie.

Ce n’était pas une protestation.

Plutôt une remarque gênée.

« Elle reviendra quand elle aura compris. »

Il prit le siège de Jules et le posa sur le perron.

Camille récupéra Léo.

« On ne peut pas sortir.

Il est malade. »

« Alors tu aurais dû réfléchir avant de gaspiller. »

La porte se referma derrière eux à 15 h 14.

La pierre brûlait.

Camille se plaça immédiatement dans le petit rectangle d’ombre sous l’auvent.

Jules remua dans son siège.

Léo posa sa joue brûlante contre son cou.

Pendant quelques secondes, Camille ne pleura pas.

Elle pensa seulement : eau, ombre, téléphone.

Elle avait appris cela de sa mère lorsqu’elles faisaient de longues promenades en été.

D’abord réfléchir à ce qui est nécessaire.

Ensuite avoir peur.

Elle regarda vers la maison de Madame Benali.

La voisine était toujours devant sa haie.

Puis elle leva son téléphone.

Camille crut qu’elle appelait la police.

Mais Madame Benali regardait aussi vers la rue.

Une voiture noire approchait lentement.

Elle s’arrêta devant la maison de Marc.

Une femme aux cheveux gris coupés au carré en descendit.

Elle portait un tailleur sombre malgré la chaleur et tenait une mallette dans une main, une grande enveloppe kraft dans l’autre.

La porte de la maison s’ouvrit derrière Camille.

Marc apparut.

À la vue de la femme, son expression changea presque instantanément.

Il sourit.

« Maître Delorme.

Enfin. »

La femme leva les yeux vers lui.

Puis vers Camille.

Le sourire de Marc sembla la surprendre.

Elle observa les pieds nus de l’enfant, Léo contre son épaule, Jules dans son siège.

« Camille Renaud ? » demanda-t-elle.

Camille acquiesça.

Maître Delorme monta deux marches.

« Ne rentre pas dans cette maison. »

Le silence qui suivit fut si net que Camille entendit la musique du jardin continuer toute seule, sans que personne ne parle dessus.

Marc descendit une marche.

« Je vous demande pardon ? »

« Je lui demande de rester ici. »

« C’est ma

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