Mon mari disait que je simulais — jusqu’à ce que la police examine mon infusion

une sensation dans les jambes.

Il m’a demandé ce que les médecins avaient dit.

« Ils cherchent. »

« Tu leur as parlé de l’infusion ? »

Sa voix était trop neutre.

« Oui. »

Il a pincé les lèvres.

« Claire, il faut faire attention à ce que tu racontes.

Les gens peuvent mal interpréter. »

« Je leur ai seulement dit ce qui s’est passé. »

« Non.

Tu insinues des choses. »

« Qu’est-ce que j’insinue ? »

Il n’a pas répondu immédiatement.

Puis son visage a repris cette douceur contrôlée que j’avais autrefois prise pour de la patience.

« Tu es malade.

Tu as peur.

Ton esprit cherche une explication.

Je comprends. »

Cette phrase m’aurait peut-être convaincue quelques semaines plus tôt.

Mais je venais de voir son regard suivre le mug bleu quand la police l’avait emporté.

« Rentre chez toi, Marc. »

Il a cligné des yeux.

« Pardon ? »

« Je veux dormir. »

« Je suis ton mari. »

« Alors comporte-toi comme tel et respecte ce que je te demande. »

Il est resté immobile, puis a pris sa veste.

Avant de sortir, il s’est retourné.

« Tout ça va devenir très embarrassant quand les médecins te diront que c’est psychosomatique. »

La porte s’est refermée.

J’ai attendu d’être certaine qu’il était parti avant de pleurer.

Pas à cause de mes jambes.

Parce qu’au fond de moi une autre peur venait de naître, plus difficile à accepter.

Et si mon mari n’avait jamais cru que j’étais malade parce qu’il savait exactement ce qui me rendait malade ?

Le lendemain, le neurologue est entré avec une femme appelée Sophie Rivière, commandante de police.

Le médecin m’a expliqué que ma colonne vertébrale n’avait pas été endommagée par la chute.

Puis il a prononcé les mots qui ont divisé ma vie en deux parties.

« Vos analyses montrent les traces d’une exposition répétée à un composé neurotoxique. »

Je l’ai regardé sans respirer.

« Répétée ? »

« Oui.

Les concentrations et certains marqueurs suggèrent plusieurs expositions, probablement sur des mois.

Cela peut expliquer les troubles sensitifs, la faiblesse, certaines difficultés cognitives et l’aggravation progressive. »

« Je vais remarcher ? »

Il a pris le temps de répondre.

« Nous avons de bonnes raisons d’être optimistes, mais la récupération sera progressive.

Nous devons d’abord stopper totalement l’exposition et traiter ses conséquences. »

J’ai fermé les yeux.

Rivière s’est assise près de moi.

« Madame Dumas, le verre récupéré chez vous a été envoyé au laboratoire.

Nous n’avons pas encore tous les résultats, mais nous avons besoin de comprendre votre routine.

Qui vous préparait cette infusion ? »

« Marc. »

« Toujours ? »

« Presque toujours. »

Elle m’a demandé quand cela avait commencé.

Je lui ai raconté la mort de mon père.

Il m’avait laissé une petite maison près d’Annecy, un chalet simple où j’avais passé tous mes étés d’enfance.

Après l’enterrement, Marc avait immédiatement proposé de la vendre.

Nous avions encore un crédit immobilier sur notre maison principale.

Selon lui, vendre le chalet permettrait de respirer financièrement.

J’avais refusé.

Pas par logique financière.

Parce que c’était la seule chose qui sentait encore mon père : le bois ciré, les vieux livres, les hortensias devant les fenêtres.

Marc avait accepté

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