Mon mari disait que je simulais — jusqu’à ce que la police examine mon infusion

Mes jambes sont restées molles, inutiles.

Je suis retombée contre les dalles.

Cette fois, une femme a poussé un petit cri.

Marc, lui, a tourné le dos pour vérifier le barbecue.

Cette image resterait longtemps la plus douloureuse de cette journée : mon mari m’entendant dire que mes jambes ne répondaient plus et choisissant de regarder des morceaux de poulet sur une grille.

Puis une sirène a retenti dans la rue.

« Qui a appelé ? » a lancé Marc.

Personne n’a répondu.

L’ambulancière qui est entrée dans le jardin s’appelait Nadia Moreau.

Elle avait une voix calme, des gestes précis et cette capacité étrange de faire reculer une foule rien qu’en avançant.

Elle s’est agenouillée près de moi.

« Je m’appelle Nadia.

Vous allez me parler, d’accord ? »

J’ai hoché la tête.

Elle a testé mes pieds, mes chevilles, mes genoux.

Je ne sentais presque rien.

« Depuis quand avez-vous des symptômes ? »

Marc s’est rapproché.

« Elle est très anxieuse depuis la mort de son père. »

Nadia n’a pas levé les yeux.

« Monsieur, je poserai mes questions à votre épouse. »

Marc s’est tu, mais son visage s’est durci.

J’ai raconté les engourdissements, la faiblesse, les vertiges et les épisodes de vision trouble.

Nadia m’a demandé si je prenais des médicaments, des compléments ou quelque chose de nouveau.

« Pas vraiment. »

Puis je me suis souvenue.

« Une infusion. »

« Quelle infusion ? »

« Marc m’en prépare une le soir.

Depuis plusieurs mois.

Pour m’aider à dormir. »

Il a ri derrière elle.

« Sérieusement ? »

Je me suis tournée vers lui.

Depuis quelque temps, l’infusion avait un goût étrange.

Pas tous les soirs.

Une amertume métallique, difficile à décrire.

Je l’avais mentionné deux fois.

Marc avait répondu que c’était probablement une nouvelle récolte de plantes.

« Quand vos symptômes ont-ils commencé ? » a demandé Nadia.

La réponse est venue avant même que je puisse réfléchir.

« Peu après. »

Le visage de Marc s’est figé.

Nadia a regardé la table.

Mon mug bleu se trouvait près d’une carafe d’eau.

Marc a immédiatement avancé la main.

« Je vais débarrasser. »

« Ne touchez pas au verre. »

Sa main est restée suspendue dans l’air.

Hélène s’est mêlée à la conversation.

« Vous allez vraiment encourager ses idées ? »

Nadia a relevé la tête.

« Quelles idées ? »

Hélène n’a pas répondu.

Quelque chose a changé à cet instant.

Pas encore une accusation.

Pas encore une certitude.

Mais pour la première fois, quelqu’un d’extérieur regardait la situation sans passer par Marc pour l’interpréter.

Nadia a demandé une présence policière.

Marc a protesté.

« C’est chez moi. »

« Et c’est ma patiente. »

Les policiers sont arrivés pendant qu’on m’installait sur la civière.

L’un d’eux a placé mon mug bleu dans un sachet de prélèvement.

Marc l’a suivi des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière le portillon.

À l’hôpital, j’ai subi des examens pendant des heures.

Marc ne m’a rejointe que tard dans la soirée.

Il s’était changé.

Il sentait le savon.

« Tu as pris une douche ? » ai-je demandé.

« J’avais de la sauce partout. »

Je l’ai regardé.

J’avais encore du sang séché au coude.

Il ne m’a pas demandé si j’avais récupéré

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *