Ma mère m’a giflée pour ma maison — puis le notaire est entré

à Manon. »

« Votre maison de Sainte-Foy ? »

« Oui. »

« Ont-ils essayé de vous faire signer quelque chose ? »

« Pas encore.

Ils ont exigé mes clés.

J’ai refusé. »

Valcourt inspira lentement.

« Et ensuite ? »

Camille hésita.

« Ma mère m’a giflée. »

« Y avait-il des témoins ? »

Elle regarda la salle derrière les vitres.

« Presque deux cents.

Plusieurs filmaient. »

Cette fois, le ton du notaire changea complètement.

« Ne leur dites pas que vous m’avez appelé.

Ne signez aucun papier.

Demandez aux personnes qui ont filmé de conserver leurs fichiers originaux. »

« Pourquoi ? »

Camille entendit un tiroir s’ouvrir.

Puis des feuilles.

« Votre mère pense qu’un certain accord signé il y a quatre ans n’a plus d’effet.

Elle se trompe. »

Camille sentit sa nuque se raidir.

Quatre ans auparavant, sa grand-mère maternelle était morte en laissant à Camille un portefeuille de placements et une somme importante.

Quelques mois plus tard, Camille avait découvert un mouvement étrange sur un compte associé à l’héritage.

Sa mère lui avait parlé d’une erreur administrative.

Son père avait reconnu avoir envisagé d’utiliser temporairement une partie des fonds comme garantie bancaire pour sauver sa société d’une crise de trésorerie.

Rien n’avait finalement été prélevé, avait-il juré.

À l’époque, Valcourt avait exigé qu’un accord soit signé pour protéger Camille.

Puis tout le monde avait cessé d’en parler.

« Vous avez toujours ce document ? » demanda-t-elle.

« L’original est dans mon étude.

Et il contient plus que la clause dont vous vous souvenez. »

« Quoi exactement ? »

« Je préfère vous l’expliquer en personne.

Où êtes-vous ? »

Elle lui donna l’adresse.

« J’arrive. »

Camille raccrocha.

Pendant quelques minutes, elle resta seule sous le porche.

Puis la porte derrière elle s’ouvrit.

Adrien sortit.

Il avait retiré sa veste de smoking et défait son nœud papillon.

« Ça va ? » demanda-t-il.

Camille eut envie de rire devant l’absurdité de la question.

« Non. »

Il hocha la tête.

« J’imagine. »

Il resta à distance.

« Je veux que tu saches que je croyais que tu avais accepté. »

« Tu n’as jamais trouvé étrange que je ne t’en parle pas ? »

Adrien passa une main sur son visage.

« Manon m’a dit que c’était compliqué entre vous et que tu ne voulais pas en discuter avant le mariage. »

Camille observa son expression.

Il avait l’air honteux, mais pas menteur.

« Quand est-ce que vous deviez emménager ? »

« Après le voyage de noces. »

« Et mes affaires ? »

Il resta silencieux une seconde de trop.

« Manon m’a dit que tu avais prévu de prendre un appartement plus près de ton bureau. »

Camille sentit quelque chose de froid descendre le long de son dos.

Ils n’avaient pas improvisé cette annonce.

Ils avaient construit une histoire entière autour de son consentement.

« Qui t’a dit ça ? »

« Manon. »

La porte s’ouvrit de nouveau.

Hélène apparut.

« Adrien, tout le monde vous attend pour le dessert. »

Puis elle regarda Camille.

« Et toi, tu rentres dans cette salle pour t’excuser auprès de ta sœur. »

Camille ne répondit pas.

Hélène fit un pas vers elle.

« Tu veux

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