Julien.
« Qui ? »
« L’homme qui était dans mon bureau il y a trente minutes.
Tout est enregistré. »
Diane pâlit.
Un des policiers lui demanda de s’asseoir.
Après quelques minutes de dénégations, elle finit par donner un nom : Marc Delcourt.
Ancien agent immobilier.
Et surtout, homme avec lequel elle entretenait une relation depuis près d’un an.
La vérité apparut morceau par morceau.
Diane n’avait pas vendu sa précédente maison pour venir simplement vivre près de son fils.
Elle l’avait vendue parce qu’elle était lourdement endettée.
Marc l’avait convaincue d’investir dans plusieurs opérations immobilières risquées.
Une partie de l’argent avait disparu.
Une autre avait servi à rembourser des dettes personnelles de Marc.
Lorsque Diane comprit qu’elle pouvait tout perdre, elle refusa d’avouer la vérité à Julien.
Elle avait trop honte.
Alors elle commença à prendre de petites sommes sur son compte.
Puis des sommes plus importantes.
Marc lui avait ensuite proposé une solution : utiliser la maison de Julien comme garantie temporaire, emprunter suffisamment pour rembourser leurs créanciers et remettre l’argent avant que quiconque ne s’en aperçoive.
« Tu étais prête à mettre notre maison en danger ? » demanda Julien.
Diane baissa les yeux.
« Je pensais pouvoir tout rembourser. »
« Avec quoi ? »
Elle ne répondit pas.
« Et Camille ? Qu’est-ce qu’elle avait à voir là-dedans ? »
Cette fois, le silence dura plus longtemps.
Diane finit par murmurer :
« Elle posait trop de questions. »
Julien sentit la colère revenir.
« Alors tu l’as humiliée ? »
« Je voulais qu’elle arrête de fouiller dans mes affaires. »
« Elle ne fouillait pas.
Elle vivait chez elle. »
Diane releva les yeux.
Pour la première fois, son expression n’était plus dure.
Elle semblait soudain très vieille.
« J’avais peur que tu découvres ce que j’avais fait et que tu me mettes dehors. »
Julien regarda les deux valises toujours posées près de l’entrée.
« Et pour empêcher que ça arrive, tu as fait exactement ce qui rendait impossible que tu restes. »
Diane se mit à pleurer.
Julien n’éprouva aucune satisfaction.
C’était sa mère.
La femme qui lui avait tenu la main lorsqu’il était malade enfant, qui avait travaillé pendant des années pour lui offrir des chances qu’elle n’avait jamais eues.
Mais cette femme avait aussi volé son argent, tenté d’engager leur maison et terrorisé sa femme enceinte.
Aimer quelqu’un, comprit-il, ne supprimait pas les conséquences de ses actes.
Les semaines suivantes furent douloureuses.
Julien déposa plainte concernant les transactions et la tentative de fraude immobilière.
Son avocate fit bloquer toute nouvelle opération concernant la maison.
La banque ouvrit une enquête interne.
Marc Delcourt fut retrouvé deux jours plus tard.
Les enquêteurs découvrirent que Diane n’était pas la première personne à qui il avait proposé des investissements douteux.
Mais cela n’effaçait pas la responsabilité de Diane.
Elle avait menti.
Elle avait signé.
Elle avait transféré l’argent elle-même.
Elle quitta la maison le soir même pour vivre temporairement chez la sœur de Julien.
Camille ne demanda jamais à Julien de couper définitivement les ponts avec sa mère.
Elle posa seulement une limite.
« Je ne veux pas qu’elle revienne ici tant que je ne me sentirai pas en sécurité avec elle. »
Julien acquiesça.
« Tu n’auras jamais à te justifier