Il rentre plus tôt et découvre ce que sa mère faisait à sa femme enceinte

Lorsque Julien Morel ouvrit la porte de sa maison ce mercredi midi, il pensa n’y rester que trois minutes.

Il devait récupérer une clé USB oubliée dans le coffre de son bureau, retourner en ville et présenter les prévisions financières de son entreprise devant huit administrateurs.

Sa journée était minutée, son téléphone vibrait sans arrêt et son esprit était encore occupé par les chiffres de la réunion.

Puis il entendit sa mère parler.

« Si tu abîmes encore le cuir, tu recommenceras depuis le début. »

Julien s’immobilisa dans le couloir.

La phrase n’avait rien d’extraordinaire en elle-même.

C’était le ton qui le troubla : calme, sec, presque administratif.

Il avança jusqu’à l’entrée du salon.

Sa femme, Camille, était à genoux sur le carrelage.

À huit mois de grossesse.

Devant elle se trouvait une bassine d’eau grise.

Quatre paires de bottines étaient alignées contre le mur.

Camille tenait une petite brosse dans une main et se soutenait de l’autre contre le meuble à chaussures.

Sa mère, Diane, était assise sur le banc près de la porte, une tasse de café posée à côté d’elle.

« Plus vite », dit-elle.

« Je dois sortir cet après-midi. »

Camille ferma les yeux une seconde.

« Diane, j’ai besoin de m’allonger.

Le médecin a dit… »

« Le médecin a dit de te reposer, pas de devenir inutile. »

Julien sentit son estomac se nouer.

Trois jours plus tôt, Camille avait été examinée pour des contractions précoces.

Rien d’alarmant, avait dit l’obstétricien, à condition qu’elle réduise les efforts, boive beaucoup d’eau et passe davantage de temps allongée.

Diane le savait.

Elle avait même accompagné le couple à l’hôpital ce jour-là.

Camille posa la brosse.

« Je terminerai plus tard. »

Diane poussa la bassine vers elle avec son pied.

« Tu termineras maintenant. »

Camille tenta de se relever.

Ses jambes tremblèrent.

« Depuis que tu es enceinte, tout tourne autour de toi », poursuivit Diane.

« Tu habites une maison payée par mon fils, tu conduis une voiture payée par mon fils, et maintenant tu voudrais que tout le monde te serve. »

Camille releva enfin les yeux.

« Julien et moi avons acheté cette maison ensemble. »

Un sourire froid apparut sur le visage de Diane.

« Cette maison appartiendra un jour à mes petits-enfants.

Pas à toi.

Ne confonds pas tolérance et propriété. »

Le sac de Julien tomba de sa main.

Le bruit claqua dans l’entrée.

Les deux femmes se retournèrent.

Diane pâlit.

« Julien ? »

Il traversa la pièce sans lui répondre et s’accroupit devant Camille.

Ses doigts étaient rouges.

Ses genoux portaient les marques du carrelage.

Mais ce fut surtout son expression qui le frappa : elle avait l’air moins surprise de le voir que terrifiée par ce qui allait suivre.

« Lève-toi doucement », dit-il.

Il passa un bras autour de sa taille et l’aida à se relever.

« Depuis combien de temps ça dure ? »

Camille regarda Diane.

Ce simple regard répondit déjà à la question.

« Camille.

Regarde-moi. »

Elle inspira profondément.

« Quelques semaines. »

Julien se redressa.

« Quelques semaines ? »

Diane leva les yeux au ciel.

« Elle dramatise.

Je lui demande simplement de participer à la vie de la maison. »

Julien désigna les chaussures.

« À

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