était morte six ans plus tôt dans un accident de voile au large de la Croatie.
Son corps n’avait jamais été retrouvé, mais après des mois de recherches, la justice l’avait déclarée décédée.
Adrien regarda Marc.
« C’est impossible. »
Marc semblait soudain incapable de soutenir son regard.
« Elle est morte. »
« C’est ce que nous avons tous cru », dit Éléonore.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? »
Éléonore avait découvert la vérité seulement quarante-huit heures plus tôt.
Un fichier joint à un échange chiffré mentionnait une consultante basée à Dubrovnik.
Le nom était faux, mais la date de naissance, une ancienne signature et surtout une copie de passeport avaient conduit son équipe juridique vers une femme vivant depuis plusieurs années sous une autre identité.
Marianne n’était pas morte.
Elle s’était cachée.
Et Marc travaillait avec elle.
Leur père avait autrefois évincé Marianne du groupe après un conflit violent.
Lorsqu’Adrien hérita du contrôle opérationnel, il ne chercha jamais à revenir sur cette décision.
Marianne, convaincue qu’on lui avait volé sa part, avait choisi une autre voie.
Marc lui avait fourni l’accès.
Clara avait fourni l’influence.
Adrien devait fournir les signatures.
Éléonore, elle, devait être neutralisée par le divorce et la dilution de sa holding.
Le plan aurait presque fonctionné si Adrien n’avait pas commencé à financer ses rendez-vous secrets avec Clara sur une carte professionnelle.
La première preuve de son adultère avait ouvert la porte à tout le reste.
Adrien s’assit sur une banquette du hall.
Il tenait encore le document entre ses mains.
« Où est Marianne ? »
Éléonore regarda à travers les portes vitrées.
Une berline noire venait de s’arrêter devant le centre.
Une femme en descendit.
Grande, cheveux bruns coupés au niveau du menton, manteau gris fermé jusqu’au cou.
Même à distance, la ressemblance avec Adrien était frappante.
Marc murmura :
« Non. »
Marianne entra.
Elle s’arrêta en voyant tout le monde réuni.
Puis elle regarda son frère.
Adrien se leva lentement.
« Tu es vivante. »
Marianne ne répondit pas tout de suite.
Ses yeux passèrent sur Clara, sur Marc, puis sur Éléonore.
« Je vois que le plan a changé. »
Adrien fit un pas vers elle.
« Pourquoi ? »
« Parce que notre père m’a détruite et que tu as hérité de tout sans jamais demander comment. »
« Tu aurais pu revenir. »
« Pour quoi ? Pour que tu m’expliques encore que le conseil avait décidé ? »
Adrien secoua la tête.
« Tu as essayé de voler l’entreprise. »
« Je voulais reprendre ce qui aurait dû m’appartenir. »
Éléonore intervint.
« En mettant en danger une société où travaillent des centaines de personnes qui ne vous doivent rien. »
Marianne la regarda longuement.
« C’est pour cela que j’ai accepté de venir. »
Marc se retourna vers elle.
« Quoi ? »
Marianne sortit une clé de sécurité informatique de sa poche.
« J’ai parlé à son avocate hier soir. »
Le visage de Marc se décomposa.
Clara aussi comprit.
« Tu nous as livrés ? »
Marianne répondit sans émotion.
« J’ai livré les comptes et les contrats.
Le reste, vous l’avez fait vous-mêmes. »
Éléonore avait contacté Marianne après avoir retrouvé sa trace.
Elle lui avait proposé un choix simple :