et s’était glissée dans la salle de bain au moment où la poignée bougeait.
À présent, Élise devait les faire parler.
Elle baissa les yeux vers les documents.
« Donne-moi un stylo. »
Adrien sembla presque surpris par la rapidité de sa victoire.
Il fouilla dans sa sacoche et lui tendit un stylo noir.
« Tu vois ? Ce n’était pas nécessaire d’en faire un drame. »
Élise posa le stylo au-dessus de la ligne de signature.
Puis s’arrêta.
« Je veux comprendre une chose. »
Adrien soupira.
« Quoi encore ? »
« Depuis quand ces documents sont-ils prêts ? »
« Deux ou trois semaines. »
« Donc avant mon accouchement. »
« Évidemment. »
« Et la maison avec les deux chambres ? »
Clara répondit cette fois.
« Nous l’avons louée il y a un mois. »
Élise sentit sa gorge se serrer, mais continua.
« Vous aviez donc prévu que Léo vivrait avec vous sans m’en parler. »
Adrien se pencha vers elle.
« Nous avions prévu la solution la plus logique. »
« Et si je refuse ? »
« Je te l’ai déjà dit.
On fera valoir ton état psychologique. »
« Même si tu sais parfaitement que je ne suis pas instable ? »
Cette fois, son silence dura deux secondes de trop.
Puis il répondit :
« Un tribunal ne voit jamais toute la réalité.
Il voit ce qu’on lui présente. »
Un déclic retentit derrière lui.
Adrien se retourna.
Hélène Delcourt sortit de la salle de bain, téléphone à la main.
Le visage d’Adrien se vida de toute couleur.
« Qu’est-ce que vous faites ici ? »
Hélène regarda d’abord Clara, toujours avec le bébé dans les bras.
« Commencez par rendre cet enfant à sa mère. »
Clara ouvrit la bouche.
« Je… »
« Maintenant. »
La voix d’Hélène n’était pas forte.
Elle n’en avait pas besoin.
Clara s’approcha du lit et remit Léo à Élise.
Dès qu’elle sentit son fils contre sa poitrine, Élise ferma les yeux une seconde.
Il était là.
À elle.
En sécurité.
Adrien fixait toujours le téléphone.
« Vous nous avez enregistrés ? »
« J’ai documenté ce que je viens d’entendre. »
« Sans mon consentement ? »
Hélène ne mordit pas à l’hameçon.
« Nous laisserons les professionnels compétents déterminer ce qui est juridiquement utilisable.
En attendant, plusieurs faits peuvent être attestés indépendamment de cet enregistrement, notamment l’existence de documents préparés avant la naissance et votre présence ici avec madame Vasseur. »
Adrien reprit contenance.
« Cela ne vous concerne pas. »
« C’est là que vous vous trompez. »
Hélène posa un dossier bleu sur la tablette.
« Je suis venue ce matin à la demande de madame Moreau au sujet d’Axionis. »
Adrien cligna des yeux.
« Pourquoi ? »
Hélène regarda Élise.
C’était à elle de décider.
Élise caressa le dos de Léo.
« Parce que j’ai appris que papa m’avait légué plus que tu ne me l’avais dit. »
Adrien se raidit.
« De quoi tu parles ? »
« Des droits de vote liés aux actions familiales. »
Une seconde passa.
Puis une autre.
« Ils sont administrés par le trust », dit-il finalement.
Hélène secoua la tête.
« Ils l’étaient.
Le mandat a pris fin