ensemble. »
Élise repensa aux deux lits commandés.
Ce n’était pas un cadeau.
Ils avaient préparé une chambre pour Léo avant même de lui annoncer qu’ils voulaient le lui prendre.
Elle referma lentement le dossier.
« Sortez. »
Adrien ne bougea pas.
« Élise. »
« Sortez de ma chambre. »
« Tu dois signer. »
« Non. »
Un changement imperceptible traversa son visage.
Adrien n’aimait pas les refus.
Dans les affaires, il les contournait.
Dans leur mariage, il les transformait en longues conversations jusqu’à ce qu’Élise finisse par douter de ses propres décisions.
Mais cette fois, elle ne doutait pas.
Léo remua dans son berceau et poussa un petit son.
Adrien se pencha.
« Donne-le-moi. »
« Non. »
« Je suis son père. »
Avant qu’elle puisse repousser son bras, Adrien souleva le bébé.
Léo se mit immédiatement à pleurer.
Élise se redressa avec difficulté.
Une douleur aiguë lui traversa le bas-ventre.
« Adrien, rends-le-moi. »
Au lieu de cela, il se tourna vers Clara.
« Tiens. »
Clara recula d’un demi-pas.
« Maintenant ? »
« Il faudra bien que tu apprennes. »
Il déposa Léo dans ses bras.
Le bébé cria plus fort.
Clara le tenait trop loin de sa poitrine, nerveuse malgré toute son assurance précédente.
Élise sentit chaque muscle de son corps se tendre.
« Rendez-moi mon fils. »
Clara baissa les yeux sur Léo.
« Il va devoir s’habituer à moi. »
Cette phrase détruisit les dernières hésitations d’Élise.
Adrien rapprocha les documents.
« Écoute-moi.
Tu signes, et tout reste civilisé.
Tu refuses, et nos avocats demanderont une mesure provisoire. »
« Sur quelle base ? »
« Ton état. »
Élise le fixa.
« Mon état ? »
« Tu viens d’avoir un accouchement difficile.
Tu as été anxieuse pendant toute la grossesse.
Tu m’as accusé plusieurs fois d’infidélité sans preuve. »
Clara eut l’audace de détourner les yeux.
Adrien continua.
« On peut facilement présenter ça comme une instabilité émotionnelle aggravée par le post-partum. »
Élise comprit alors la véritable cruauté de son plan.
Il ne voulait pas seulement partir.
Il voulait transformer toutes les blessures qu’il lui avait infligées en preuves contre elle.
Son regard glissa vers la petite salle de bain attenante.
La porte, qu’elle se souvenait avoir vue fermée, était entrouverte de quelques centimètres.
Une ligne de lumière apparaissait au sol.
Son cœur changea de rythme.
Hélène était toujours là.
Trente minutes plus tôt, juste avant que l’infirmière ne sorte, Hélène Delcourt était venue à la maternité.
Élise la connaissait depuis l’enfance.
Hélène avait été l’avocate de son père, puis la directrice juridique du fonds familial qui détenait encore une participation importante dans Axionis.
Elle était venue à cause d’un courrier qu’Élise avait reçu deux jours auparavant.
Un courrier concernant les droits de vote attachés aux actions de son père.
Pendant des années, Adrien avait affirmé que ces droits étaient gérés par un trust jusqu’aux trente-cinq ans d’Élise.
C’était faux.
Le trust avait expiré six mois auparavant.
Et personne n’avait prévenu Élise.
Personne sauf Hélène.
Lorsque des voix avaient retenti dans le couloir, Élise avait reconnu celle d’Adrien.
Puis celle de Clara.
Sans comprendre pourquoi, elle avait saisi le poignet d’Hélène.
« Ne partez pas. »
Hélène avait vu son visage.
Elle avait simplement hoché la tête