Calder sait qu’il ne peut plus enterrer l’affaire. »
Sophie prit la clé de voiture dans la mallette.
« Alors on récupère maman. »
La conserverie se trouvait à moins de quatre minutes à pied par les anciens quais.
Dana contacta enfin deux marshals restés hors du réseau principal.
Daniel leur transmit la position.
Sophie voulait courir directement vers le bâtiment, mais son père l’arrêta.
« Calder connaît les procédures.
S’il voit une intervention classique, il utilisera Marianne comme couverture. »
« Tu proposes quoi ? »
« Victor veut les archives.
Il ne sait pas combien ont été envoyées. »
Sophie comprit.
Elle prit une boîte vide, y plaça quelques dossiers sans importance et marcha seule vers l’entrée principale de la conserverie.
La pluie frappait le toit métallique.
« Victor ! » cria-t-elle.
Une porte s’ouvrit.
Victor apparut, livide.
Il n’avait plus rien de l’avocat élégant du cimetière.
« Posez la boîte. »
« Je veux voir ma mère. »
« Sophie— »
« Maintenant. »
Victor hésita puis se décala.
Marianne était assise près d’une colonne, les poignets attachés, mais consciente.
À côté d’elle se tenait un homme grand aux cheveux gris.
Dana, cachée plus loin, le reconnut immédiatement.
Thomas Calder.
L’ancien marshal disparu.
Calder sourit.
« La fille de Daniel.
Il parlait beaucoup de vous. »
« Vous vous êtes donné beaucoup de mal pour un homme que vous pensiez mort. »
« Votre père ne savait jamais s’arrêter. »
« Et vous ne saviez jamais disparaître complètement. »
Le sourire de Calder s’effaça.
Sophie posa la boîte au sol.
« Les fichiers sont là.
Libérez ma mère. »
Calder fit un signe à Victor.
Victor s’approcha de Marianne.
Mais au lieu de la tirer vers Sophie, il sortit soudain un petit couteau et coupa ses liens.
Calder se retourna.
« Qu’est-ce que tu fais ? »
Victor recula.
« J’arrête de payer pour une erreur commise à vingt-neuf ans. »
Calder porta la main à sa veste.
Daniel surgit de l’entrée latérale.
« Ne fais pas ça, Thomas. »
Calder se figea.
Voir Daniel vivant sembla le frapper plus violemment que n’importe quelle arme.
« Impossible. »
« C’était le but. »
Les marshals entrèrent simultanément par les deux accès.
Calder tenta de fuir vers une porte de service, mais Sophie l’avait déjà anticipé.
Elle se plaça devant le passage.
Il s’arrêta à quelques mètres d’elle.
« Vous croyez que ces dossiers suffisent ? » lança-t-il.
« Non », répondit Sophie.
« Mais votre réaction, votre présence ici et l’enlèvement de ma mère vont énormément aider. »
Derrière lui, Dana annonça son arrestation.
Cette fois, Calder n’avait plus de sortie.
Victor se rendit également.
Sa coopération ultérieure permit aux enquêteurs de relier les sociétés écrans, les transferts bancaires et plusieurs opérations criminelles à Calder et à ses associés.
Mais tout cela vint après.
Dans l’instant qui comptait, Sophie courut vers sa mère.
Marianne s’accrocha à elle.
« Je savais que tu ne rentrerais pas à la maison », murmura-t-elle.
Sophie la regarda.
« Tu savais quelque chose ? »
Marianne secoua la tête.
« Seulement qu’un an plus tôt, ton père m’avait demandé une chose étrange.
Si jamais il mourait soudainement et qu’un message de moi te demandait de venir seule, je devais espérer que tu