des arbres nus.
Camille s’assit.
Ses mains restèrent longtemps au-dessus des touches.
« Je crois que je ne sais plus faire », murmura-t-elle.
Léa, installée près de la fenêtre, fronça les sourcils.
« Tu sais mieux que moi. »
Camille rit.
« Ce n’est pas très difficile. »
« Alors montre-moi. »
Elle posa les doigts sur le clavier.
Fenêtre d’octobre commença.
Cette fois, personne ne filmait.
Personne n’attendait une histoire parfaite.
Il n’y avait ni journalistes, ni donateurs, ni famille puissante pour décider à qui appartenait la musique.
Seulement Camille, sa fille et une mélodie interrompue douze ans plus tôt.
Lorsqu’elle arriva à la mesure vide, elle s’arrêta.
Léa murmura : « C’est là que tu t’arrêtes toujours. »
Camille regarda les touches.
Puis elle joua un nouvel accord.
Léa releva la tête.
Un deuxième accord suivit.
Puis un troisième.
La mélodie ne cherchait plus à retrouver le passé.
Elle avançait.
Lorsque Camille joua enfin la dernière note, elle resta immobile jusqu’à ce que le son disparaisse entièrement.
« Alors ? » demanda-t-elle.
Léa sourit.
« Maintenant, elle a une vraie fin. »
Camille regarda sa fille, puis la partition ouverte devant elle.
« Non », répondit-elle doucement.
« Je crois que c’est plutôt un début. »