Ils ont humilié l’ex-femme enceinte du patron sans le savoir

Puis, après la séparation, par nécessité.

Je voulais savoir jusqu’où Marc irait si l’argent n’était plus une raison de faire semblant de m’aimer.

Ce soir-là, j’ai eu ma réponse.

Éliane a attrapé une serviette blanche du bout des doigts et l’a jetée devant moi, sans me la tendre.

« Essuie-toi avant de salir davantage ce fauteuil. »

Le fauteuil appartenait au restaurant, mais le restaurant appartenait à une société immobilière détenue par Auréon.

Je l’avais appris deux semaines plus tôt, en vérifiant les actifs avant de venir.

Le détail m’avait presque fait sourire, dans un autre monde.

Marc s’est penché en arrière.

« Tu devrais signer, Camille.

Personne ne te propose mieux.

Avec ton appartement minuscule et tes contrats de traduction, tu vas faire quoi quand le bébé sera là ? »

Je l’ai regardé.

Il croyait encore que je vivais de traductions parce que j’avais travaillé, pendant notre mariage, sur de vieux manuscrits et des rapports étrangers depuis la bibliothèque de notre maison.

Il n’avait jamais compris que je traduisais aussi des notes confidentielles pour le conseil international du groupe, par habitude, parce que je voulais rester connectée à l’entreprise sans m’exposer.

« Je n’ai pas l’intention de signer », ai-je dit.

Ma voix était calme.

C’est ce calme qui a changé l’air.

Solène a cessé de sourire un instant.

Éliane a plissé les yeux.

« Pardon ? »

« Je ne signerai pas votre accord.

Pas ce soir.

Pas demain.

Jamais. »

Marc a tapé deux doigts sur la table.

« Tu crois que tu as le choix ? »

« Oui. »

Un silence.

Puis Éliane a ri, plus fort qu’avant.

« Voilà ce que je déteste chez les filles comme toi.

On leur montre une place raisonnable, et elles s’imaginent qu’elles ont une couronne. »

Elle a fait signe au serveur près de la porte.

Le jeune homme a hésité.

Il avait tout vu.

Ses yeux passaient de ma robe trempée à mon ventre, puis au visage satisfait d’Éliane.

Il devait avoir vingt-deux ans.

Il avait peur de perdre son emploi.

« Apportez-lui un sac plastique », a dit Éliane.

« Pour qu’elle ne mouille pas le taxi. »

Marc a ricané.

« Maman. »

Mais il n’a pas dit d’arrêter.

Je me suis penchée vers mon sac, posé contre le pied de ma chaise.

L’eau avait atteint le cuir.

Mes doigts ont glissé sur la fermeture.

J’ai sorti mon téléphone.

L’écran était humide, mais il s’est allumé.

Solène a tourné la tête.

« Elle va filmer maintenant ? »

« Non », ai-je répondu.

Je suis allée dans mes contacts.

Maître Renard — Direction juridique.

Marc a vu le nom avant que j’appuie.

Son sourire a vacillé.

Il connaissait ce nom.

Tout le monde à Auréon connaissait Adrien Renard.

Vice-président juridique, négociateur redouté, homme qui parlait rarement mais faisait tomber des carrières avec une seule lettre.

Marc s’est redressé.

« Pourquoi tu as son numéro ? »

Je n’ai pas répondu.

Renard a décroché à la première sonnerie.

« Madame Vasseur ? »

Le silence dans la pièce est devenu plus dense.

J’ai senti le regard d’Henri se lever brusquement vers moi.

« Vous allez bien ? » a demandé Renard.

J’ai regardé Marc droit dans les yeux.

« Lancez la Clause Hiver.

Immédiatement. »

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *