Il m’a ordonné de cacher mes bleus — à midi, tout lui échappait

sa tasse dans l’évier sans la rincer.

« Et demande au jardinier de vider la petite remise.

Maman veut y mettre ses affaires. »

Cette fois, Nadia regarda Élodie.

« Monsieur, je préfère attendre les instructions de Madame Morel. »

Julien se retourna lentement.

« Pardon ? »

Élodie sentit la tension changer de direction.

Elle répondit avant que Nadia n’ait à le faire.

« Elle attendra mes instructions. »

Julien s’approcha.

« Tu recommences ? »

« Non.

Je clarifie. »

Son regard glissa vers Nadia, puis vers les caméras discrètes dans le couloir.

Il n’osa rien faire devant témoin.

« Nous parlerons de ça plus tard », souffla-t-il.

« Non », répondit Élodie.

« Nous n’en parlerons probablement pas plus tard. »

Il la fixa, troublé pour la première fois.

Puis son téléphone sonna.

Il quitta la cuisine.

À 10 h 03, Claire arriva par l’entrée de service accompagnée d’un serrurier et d’un responsable de sécurité de la fiducie.

Élodie les fit entrer dans le bureau de son père.

Claire ouvrit son dossier.

« J’ai besoin que vous entendiez ceci avant que Julien revienne avec sa mère. »

Elle posa plusieurs copies sur le bureau.

Le premier document était l’acte de fiducie.

Le second, un relevé retraçant les paiements envoyés à Valmont Conseil.

Le troisième surprit Élodie.

Il s’agissait d’un échange de courriels imprimé.

Une adresse appartenant à Julien avait transmis à Mireille plusieurs informations internes concernant les budgets d’entretien de la société.

« Il l’a aidée », murmura Élodie.

« Au minimum, il lui a communiqué des données qu’elle n’aurait pas dû posséder.

Nous ne savons pas encore s’il comprenait l’ensemble du montage. »

« Et vous disiez avoir trouvé autre chose. »

Claire sortit alors une feuille plus ancienne.

« Votre père possédait un coffre de dépôt privé.

Après son décès, les frais de location ont continué à être payés.

Trois ans plus tard, le prélèvement a été redirigé vers une entité associée à Valmont Conseil. »

Élodie releva brusquement les yeux.

« Mireille ? »

« Nous n’avons pas encore la preuve qu’elle a eu accès au coffre.

Mais quelqu’un lié à son entreprise savait qu’il existait. »

« Moi, je ne le savais même pas. »

« C’est précisément ce qui nous inquiète. »

Le serrurier commença à changer les cylindres des portes extérieures.

Le responsable de sécurité désactiva le code d’accès de Julien et retira ses permissions électroniques.

Élodie remonta ensuite à l’étage.

Elle entra dans la chambre conjugale.

Pendant quelques secondes, elle resta près de la porte.

Cette pièce avait été la sienne bien avant Julien.

Pourtant, elle avait fini par y marcher comme une invitée.

Elle ouvrit l’armoire.

Ses vêtements occupaient un tiers de l’espace.

Ceux de Julien avaient envahi le reste.

Elle appela Nadia et deux membres du personnel.

« Nous allons préparer ses affaires.

Rien ne sera jeté ni abîmé.

Tout sera inventorié et déposé à l’extérieur du portail. »

Nadia la regarda longuement.

« Madame… est-ce qu’il vous a fait ça ? »

Élodie ne répondit pas immédiatement.

Puis elle dit : « Oui. »

Nadia ferma les yeux.

« J’aurais dû comprendre. »

« Vous n’aviez pas à comprendre ce qu’il faisait en privé.

Maintenant, j’ai simplement besoin de votre aide pour qu’il ne puisse plus entrer

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