erreur.
Comme si l’on pouvait accidentellement créer une société secrète, coucher avec son assistante et déplacer 92 000 dollars.
Lorsque l’avion atterrit à Phoenix, Julien l’attendit à la sortie de la passerelle.
Nadia avait déjà disparu.
« Donne-moi cinq minutes », demanda-t-il.
Élise continua de marcher.
« North Mesa est une vraie entreprise », insista-t-il.
« Elle va valoir beaucoup d’argent.
Je voulais nous offrir une sortie, quelque chose à nous. »
Élise s’arrêta.
« À nous ? »
« Oui. »
« Nadia possède des parts.
Moi, non. »
Il serra la mâchoire.
« C’est temporaire. »
« Et ma signature ? Temporaire aussi ? »
Son visage se vida.
Il ne demanda pas de quelle signature elle parlait.
Ce détail suffit.
Élise reprit sa marche.
« À partir de maintenant, tu passes par mon avocat. »
« Ton avocat ? Élise, ne sois pas ridicule. »
Elle se retourna.
« Tu as utilisé l’argent laissé par ma mère.
Ne prononce plus jamais le mot ridicule devant moi. »
Elle prit un taxi pour son hôtel.
Dans la voiture, son téléphone vibra à nouveau.
Cette fois, le message venait d’une adresse qu’elle ne connaissait pas.
Nadia.
Neuf pièces jointes accompagnaient le courriel.
Élise ouvrit la première.
Statuts de North Mesa Holdings.
La deuxième : un tableau des apports en capital.
La troisième : une série d’échanges entre Julien et un conseiller bancaire.
Puis elle ouvrit la quatrième.
Un formulaire d’autorisation portant son nom.
Et une signature ressemblant suffisamment à la sienne pour tromper quelqu’un qui ne la connaissait pas.
Elle resta plusieurs secondes à regarder l’écran.
Le souvenir de sa mère lui revint brutalement : une femme méticuleuse, institutrice pendant trente-sept ans, qui économisait chaque billet de vingt dollars et lui répétait que l’indépendance financière était une forme de liberté.
Julien avait puisé dans cet héritage pour financer une société qu’il créait avec sa maîtresse.
Thomas l’appela avant même qu’elle arrive à l’hôtel.
« Ne le confronte plus seule », dit-il après avoir vu les documents.
« Et ne touche pas aux fichiers originaux.
Garde tout. »
« Est-ce suffisant ? »
« Suffisant pour quoi ? »
Élise regarda les lumières défiler derrière la vitre.
« Pour prouver qu’il a utilisé ma signature. »
Thomas resta prudent.
« Suffisant pour qu’on examine sérieusement ce qui s’est passé.
Nous devons obtenir les dossiers bancaires et identifier qui a soumis les autorisations. »
Élise acquiesça, même s’il ne pouvait pas la voir.
Puis elle ouvrit le dernier document envoyé par Nadia.
Et son souffle se coupa.
Il s’agissait d’un projet de contrat commercial entre North Mesa et Valence Health Systems.
Son employeur.
Le contrat concernait une solution logistique pour l’approvisionnement de plusieurs cliniques du groupe.
Élise connaissait parfaitement ce dossier.
Son équipe préparait justement un appel d’offres pour ce service.
North Mesa n’aurait pas dû connaître les besoins précis avant leur publication.
Pourtant, le document mentionnait des volumes, des dates de déploiement et même une fourchette budgétaire interne.
Des informations confidentielles.
Elle sentit alors la trahison prendre une dimension entièrement nouvelle.
Quelques mois auparavant, Julien lui avait posé des questions anodines pendant le dîner.
Combien de nouvelles cliniques ouvraient cette année ?
Quels étaient les principaux problèmes de livraison ?
Pourquoi son équipe changeait-elle de prestataire ?
Élise avait répondu