Après le baiser public de son mari, un jet privé révèle un secret

avait rallumé à l’atterrissage, vibra.

Élodie.

Claire décrocha immédiatement.

— Claire, qu’est-ce qui se passe ? Gabriel est chez maman.

— Quoi ?

— Il est arrivé il y a vingt minutes avec deux personnes.

Il dit que tu as fait une crise et qu’il faut te retrouver.

Claire sentit son sang se glacer.

— Élodie, écoute-moi.

Ne lui dis rien.

Surtout pas où je suis.

Un bruit retentit de l’autre côté.

Puis la voix de Gabriel, plus éloignée :

— Donne-moi le téléphone.

La ligne se coupa.

Claire rappela.

Pas de réponse.

Elle attrapa son sac.

— Je rentre.

Marc se leva.

— Ce serait imprudent.

— Ma famille est avec lui.

Isabelle intervint.

— Vous pouvez les protéger sans vous placer sous son contrôle.

Claire la fixa.

— Comment ?

— En cessant de réagir à ce qu’il fait et en le forçant à réagir à ce que vous savez.

Le lendemain matin, à neuf heures, Gabriel Morel entra dans son bureau parisien.

Il n’avait presque pas dormi.

Anaïs l’avait appelé quinze fois après la réception.

Il n’avait répondu à aucun message.

Le scandale du baiser faisait déjà le tour des sites d’actualité people et économique.

Mais Gabriel ne regarda aucun écran.

Il vit immédiatement l’enveloppe grise sur son bureau.

Puis l’alliance.

Il ouvrit les papiers.

Son visage se ferma.

Son avocat, Paul Varenne, se tenait près de la fenêtre.

— Elle a signé hier, dit Gabriel.

— Je vois.

— Cela déclenche la clause ?

Paul ne répondit pas tout de suite.

Gabriel releva les yeux.

— Est-ce que cela déclenche la clause ?

— Potentiellement.

Gabriel jura.

À cet instant, la porte du bureau s’ouvrit.

Anaïs entra sans attendre l’autorisation.

— Tu dois me parler.

Gabriel la regarda avec une froideur qu’elle ne lui connaissait pas.

— Pas maintenant.

— Tu m’as demandé de faire ça hier.

Paul tourna la tête.

Gabriel se leva brusquement.

— Anaïs.

Trop tard.

Elle avait compris à l’expression de l’avocat qu’elle venait de dire quelque chose d’important.

— Tu m’avais dit de t’embrasser devant les photographes, poursuivit-elle.

Tu avais dit que Claire devait partir avant minuit.

Alors ne me traite pas comme si j’étais responsable de ce désastre.

Le silence tomba dans le bureau.

Paul fixa Gabriel.

— Tu as provoqué la scène ?

Gabriel serra la mâchoire.

Son plan avait été simple.

Claire devait être humiliée, quitter la réception bouleversée, rentrer chez elle, puis être entourée par des médecins et des conseillers prêts à documenter une prétendue crise émotionnelle.

Il n’avait pas prévu qu’elle préparerait le divorce avant la soirée.

Il n’avait pas prévu non plus l’avion.

Et surtout, il ignorait combien elle savait désormais.

À Genève, Claire apprenait précisément cela.

En lisant les derniers documents du coffre, elle découvrit qu’à son trente-cinquième anniversaire, quatre mois plus tard, le contrôle des parts Valmont Maritime devait lui être transféré automatiquement.

Ces parts comprenaient des droits de vote suffisamment importants pour bloquer une acquisition que Morel Capital préparait depuis deux ans.

Gabriel n’avait donc pas épousé seulement une héritière.

Il avait épousé un obstacle qu’il espérait transformer en signature.

Claire resta longtemps silencieuse.

Le souvenir de leur mariage lui fit plus mal que le baiser avec Anaïs.

Parce que l’infidélité pouvait naître avec le temps.

Cette trahison, elle, semblait avoir commencé

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