Après deux gifles, un simple e-mail a révélé leur véritable secret

cela, elle ne dormit presque pas.

À huit heures du matin, les appels commencèrent.

Julien.

Hélène.

Marc.

Amélie.

Sophie ne répondit à aucun.

À 8 h 32, la banque lui envoya un message.

Le bénéficiaire était une petite société créée dix-huit mois auparavant.

Gérante : Élodie Perrin.

Sophie connaissait ce nom.

Élodie était l’assistante personnelle de Julien.

Trente et un ans, cheveux bruns, toujours impeccablement habillée, discrète lors des événements professionnels.

Sophie l’avait rencontrée au moins six fois.

Elle descendit dans le courriel.

Le mandat précisait : « Participation logement. »

Pendant quatorze mois, 2 800 euros avaient quitté son compte au profit d’une société appartenant à l’assistante de son mari.

Sophie calcula rapidement.

39 200 euros.

Elle sentit une nouvelle douleur, différente de celle de sa joue.

Inès entra avec deux cafés.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Sophie lui montra l’écran.

« Je crois que je finance l’appartement de sa maîtresse. »

Elle avait à peine terminé sa phrase que la sonnette retentit.

Inès alla ouvrir et revint presque immédiatement.

« Il y a une femme qui veut te parler. »

« Qui ? »

« Élodie. »

Sophie se leva.

Élodie attendait dans le couloir, un manteau gris serré autour d’elle.

Son visage était pâle et elle tenait une grande enveloppe kraft contre sa poitrine.

« Je suis désolée de venir ici », dit-elle.

« Mais j’ai reçu la copie de votre mail à la banque.

Julien m’a appelée juste après. »

Sophie ne répondit pas.

Élodie regarda sa joue et sa voix changea.

« Il vous a fait ça ? »

« Entrez. »

Dans le salon, Élodie resta au bord du fauteuil.

Sophie posa son ordinateur devant elle.

« HORIZON CONSEIL.

C’est votre société ? »

« Oui. »

« Et je paie votre logement ? »

Élodie ferma les yeux une seconde.

« Vous payez un logement.

Mais pas pour la raison que vous imaginez. »

Sophie sentit sa patience se tendre.

« Alors expliquez-moi. »

Élodie ouvrit l’enveloppe.

À l’intérieur se trouvaient des copies de contrats, des courriels imprimés et plusieurs relevés.

« Julien m’a demandé de créer cette société pour louer un appartement au nom d’une structure séparée.

Il disait qu’il préparait un projet immobilier et qu’il ne voulait pas que ses parents sachent qu’il utilisait une partie de son argent. »

« Mon argent. »

« Je l’ai compris plus tard. »

Élodie poussa un document vers Sophie.

« L’appartement servait surtout à stocker des dossiers. »

« Quels dossiers ? »

« Ceux de ses clients.

Et ceux de votre entreprise. »

Sophie se figea.

« Mon entreprise ? »

Élodie acquiesça.

Julien avait, pendant des mois, copié des documents que Sophie rapportait parfois chez elle : budgets prévisionnels, appels d’offres, noms de fournisseurs, projets d’acquisition.

Au début, Élodie pensait qu’il travaillait pour un client du même secteur.

Puis elle avait découvert qu’il revendait certaines informations à un cabinet concurrent par l’intermédiaire d’une autre société.

« Pourquoi ne pas être venue me voir avant ? » demanda Sophie.

Élodie baissa les yeux.

« Parce qu’il me menaçait.

Il avait falsifié plusieurs validations avec mes accès.

Si je parlais, il disait qu’il ferait porter toute la responsabilité sur moi. »

Sophie examina les documents.

Une série de messages imprimés attira

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