À l’hôpital, son mensonge s’effondra devant une enveloppe laissée par notre père

moi y retournâmes une seule fois, accompagnées de Claire.

Le salon paraissait plus petit que dans mes souvenirs.

Le vieux sèche-linge avait disparu.

Les rideaux avaient été retirés.

La lumière de l’après-midi entrait librement par les fenêtres.

Maëlle s’arrêta dans le couloir devant l’étagère où nous avions placé l’horloge.

« Tu te souviens de la première nuit où on l’a laissée ici ? »

« J’étais persuadée qu’il allait la trouver. »

« Moi aussi. »

Elle sourit légèrement.

Puis elle tendit la main.

Une pression.

Je suis là.

Je lui répondis avec deux.

Tiens encore.

Elle secoua la tête en souriant davantage.

« Je crois qu’on n’en a plus besoin. »

Je regardai le soleil tracer un rectangle clair sur le parquet.

Pendant des années, Victor avait cru que la peur nous rendait immobiles.

Il n’avait jamais compris qu’au milieu de cette peur, nous observions, nous mémorisions et nous cherchions une sortie.

Notre père disait que chaque mensonge oubliait toujours un détail.

Victor en avait oublié plusieurs.

Une vieille horloge.

Une marraine qu’il n’avait pas réussi à effacer de notre vie.

Une médecin attentive.

Une enveloppe qu’il croyait disparue.

Et surtout, deux sœurs qu’il avait prises pour des victimes incapables d’agir.

Avant de quitter la maison, Maëlle ouvrit complètement les rideaux restés dans la chambre du haut.

Nous ne les refermâmes pas.

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