son atelier.
Au dos, quatre chiffres étaient écrits au crayon.
« Va là-bas. »
« Marc, l’atelier a été vendu. »
« Le local principal, oui.
Pas la réserve arrière.
Julien ne sait pas que j’en suis resté propriétaire. »
Je pris la photographie sans toucher à la clé.
« Qu’est-ce que vous voulez que je cherche ? »
« Une boîte. »
« Qu’est-ce qu’il y a dedans ? »
Son regard se posa sur la porte.
« La raison pour laquelle mon fils voulait que je quitte Nantes. »
Le lendemain à l’aube, je me rendis dans la petite rue où Marc avait travaillé pendant des décennies.
La devanture principale était vide.
Une agence annonçait des travaux à venir.
Mais derrière le bâtiment, une porte étroite donnait sur une réserve oubliée entre deux cours.
La clé fonctionna.
L’odeur me ramena instantanément des années en arrière : poussière fine, essence de térébenthine, copeaux de bois.
Des établis étaient encore en place sous des draps gris.
Les chiffres derrière la photographie correspondaient à un ancien meuble de rangement.
Deuxième colonne.
Quatrième tiroir.
Septième compartiment.
Je trouvai une boîte métallique.
J’appelai Marc avant de l’ouvrir.
« Je l’ai. »
Sa respiration se fit audible.
« Regarde dedans. »
Le contenu semblait d’abord banal : copies de relevés, factures, actes notariés, courriers bancaires.
Puis les dates commencèrent à raconter une autre histoire.
Un immeuble appartenant à Marc avait été cédé pendant son hospitalisation pour un AVC.
Une procuration bancaire avait été enregistrée la même semaine.
Deux placements avaient été liquidés dans les mois suivants.
« Vous avez signé ça ? » lui demandai-je.
« Non. »
« La procuration non plus ? »
« J’avais signé une autorisation limitée pour payer mes factures.
Rien d’autre. »
Je continuai à examiner les copies.
Le nom de Julien apparaissait partout.
Mais un document changeait la situation : une lettre d’un notaire indiquant que Marc avait contesté plusieurs transactions et demandé la suspension de toute vente supplémentaire.
Une clé USB reposait sous les papiers.
Marc m’autorisa à l’écouter.
La conversation enregistrée avait eu lieu huit mois plus tôt.
La voix de Julien était nette.
« Tu n’as plus la tête pour gérer tout ça. »
Marc répondait :
« Tu as vendu sans me demander. »
« J’ai réglé tes problèmes. »
« Avec mon argent. »
Puis un silence.
Julien reprenait :
« Si tu continues à appeler des avocats et des banques, tu vas finir dans un endroit où personne n’aura envie d’écouter tes histoires. »
Je coupai l’enregistrement.
« C’est arrivé quand ? »
« Deux semaines avant mon entrée aux Tilleuls. »
La colère me donna envie de prendre immédiatement les documents et d’aller au commissariat.
Marc m’en empêcha.
« Pas sans moi. »
« Pourquoi avez-vous attendu ? »
Sa réponse fut lente.
« Parce qu’être son père m’a rendu stupide plus longtemps que je ne veux l’admettre. »
Il croyait encore que Julien reviendrait reconnaître ses actes.
Je contactai néanmoins le notaire mentionné dans les courriers.
Avec l’accord écrit de Marc, un rendez-vous fut fixé pour la semaine suivante.
Nous n’eûmes pas le temps de l’attendre.
Deux jours plus tard, j’arrivai à la résidence et trouvai la chambre de Marc vide.
Sophie traversait le couloir presque en courant.
«