surveillé après sa mort. »
Adrian frappa encore.
« Ouvre.
Ronan veut récupérer quelque chose. »
Je fixai la poignée.
« Quoi ? »
Un silence.
« Une vieille boîte.
Elle appartient à la maison. »
Sur la table se trouvait justement un coffret noir que je n’avais pas remarqué.
Mon nom était gravé dessus.
LÉONIE MOREL.
Je m’approchai.
« Trouvez-vous un coffret ? » demanda Sorel.
« Oui. »
« Ouvrez-le. »
À l’intérieur reposaient une photographie, une enveloppe épaisse et une clé USB.
Je pris la photo.
Mon père, beaucoup plus jeune, se tenait devant Bellrose avec une femme brune tenant un nouveau-né.
Au dos figurait la date de ma naissance.
Et une phrase manuscrite : Pour que Léonie sache.
Je retournai l’image.
À droite, un troisième homme avait presque été découpé de la photographie.
On distinguait encore son œil, une partie de sa joue et le revers de sa veste.
Je connaissais ce visage.
Je l’avais vu la veille aux funérailles.
Au premier rang.
À côté de Ronan.
« Qui est cet homme ? » demandai-je.
Sorel ne répondit pas immédiatement.
Adrian donna un coup contre la porte.
« Léonie ! »
« Son nom est Marc Delcourt », dit enfin l’avocat.
« Et pendant vingt-six ans, votre père a payé cet homme pour rester loin de vous. »
Je m’assis.
« Pourquoi ? »
« Lisez la lettre. »
Mes mains tremblaient légèrement lorsque je déchirai l’enveloppe.
L’écriture de mon père remplissait six pages.
Ma fille,
Si tu lis ceci, c’est que j’ai manqué de courage jusqu’au bout.
Je m’arrêtai.
Puis continuai.
Il racontait une histoire que personne ne m’avait jamais dite.
La femme de la photographie s’appelait Anaïs Delcourt.
Elle avait travaillé pendant plusieurs années dans une fondation financée par mon père.
Ils avaient eu une liaison.
Elle était tombée enceinte.
Ma mère, déjà malade à l’époque, avait découvert l’affaire après ma naissance.
Je n’étais pas la fille biologique de la femme qui m’avait élevée.
Anaïs était ma mère.
Elle était morte dans un accident de voiture quand j’avais huit mois.
Marc Delcourt était son frère.
Mon oncle.
Je posai les feuilles.
Toute mon enfance vacilla dans ma tête.
Les photos où ma mère paraissait distante avec moi.
La façon dont Ronan répétait parfois, lorsqu’il était furieux, que je n’étais « pas comme eux ».
Le refus obstiné de mon père de parler de l’année de ma naissance.
Mais cette révélation n’expliquait pas les classeurs.
Je repris la lecture.
Mon père expliquait que Marc l’avait fait chanter après la mort d’Anaïs.
Pas pour révéler ma naissance, mais parce qu’il avait découvert des irrégularités dans les comptes de l’entreprise.
Pendant des années, mon père avait payé.
Puis, onze ans auparavant, Ronan avait découvert l’existence de Marc.
Au lieu de le dénoncer, il avait conclu un marché avec lui.
Je relus le passage deux fois.
Ronan savait.
Depuis onze ans.
Et il utilisait Marc pour obtenir la signature de mon père sur différentes opérations financières.
« Pourquoi papa ne les a-t-il pas dénoncés ? » demandai-je.
La voix de Sorel devint plus grave.
« Parce que Marc détenait aussi des preuves capables de détruire la réputation de votre père et celle de votre mère adoptive.
Votre père avait peur que vous découvriez la vérité de la pire