l’adresse de la maison occupée par son père.
Le lendemain, Marianne appela Claire.
« Je veux savoir si des courriers liés à cette fiducie ont été envoyés là-bas. »
Claire lança les recherches.
Pendant ce temps, Philippe continuait d’appeler.
Finalement, Marianne décrocha.
« Tu vas faire annuler la vente », dit-il sans préambule.
« Non. »
« Cette maison était celle de notre famille. »
« Elle était à mon nom. »
« Ta mère aurait été horrifiée. »
Marianne regarda la lettre devant elle.
« C’est intéressant que tu parles de maman. »
Silence.
Il dura à peine deux secondes, mais quelque chose changea complètement dans la voix de Philippe.
« Pourquoi ? »
« Son cabinet de succession m’a contactée. »
Nouveau silence.
Puis Philippe demanda : « Quels documents t’ont-ils remis ? »
Marianne sentit un frisson lui parcourir les bras.
Ce n’était pas la question d’un homme surpris par l’existence de documents.
C’était la question d’un homme qui savait qu’ils existaient.
« Bonne nuit, papa. »
Elle raccrocha.
Claire rappela deux heures plus tard.
« J’ai trouvé quelque chose. »
Plusieurs notifications avaient bien été envoyées à l’ancienne adresse de Marianne.
Deux avaient été retournées.
Une troisième avait été réceptionnée presque dix mois plus tôt.
« Il y a une signature », dit Claire.
Elle envoya la copie.
Marianne agrandit l’image.
Son propre nom apparaissait au bas du bordereau.
Mais ce n’était pas son écriture.
Elle reconnut immédiatement les boucles larges du M et la façon particulière de barrer les deux n.
Élodie.
Marianne appela sa sœur.
Cette fois, Élodie décrocha au premier signal.
« Enfin. »
« Tu as signé mon nom sur un courrier qui m’était destiné. »
Plus rien.
« De quoi tu parles ? »
« Un recommandé concernant la succession de maman. »
Élodie inspira brusquement.
« Papa m’avait dit que c’était juste un papier administratif. »
« Alors pourquoi signer mon nom ? »
« Parce que tu étais en déplacement ! »
« J’étais à vingt minutes de la maison. »
Le silence s’étira.
Puis Élodie craqua.
« Tu ne comprends pas.
Papa avait des problèmes. »
« Quels problèmes ? »
« Des dettes. »
Marianne ferma les yeux.
« Combien ? »
Élodie donna un chiffre qui lui coupa le souffle.
Philippe avait accumulé des dettes liées à deux anciens investissements et à plusieurs crédits personnels.
Il avait convaincu Élodie qu’une fois Marianne informée de la fiducie, elle vendrait la maison, partirait avec ses filles et cesserait de les aider.
Il avait eu raison sur un point.
Mais pas pour les raisons qu’il croyait.
« Tu savais que maman m’avait laissé quelque chose ? » demanda Marianne.
« Je savais seulement qu’il y avait un compte.
Papa disait que maman voulait que ça serve à tout le monde. »
« Et tu l’as cru ? »
Élodie ne répondit pas.
Pour la première fois, Marianne entendit non pas l’arrogance de sa sœur, mais sa peur.
Philippe n’avait pas seulement manipulé Marianne.
Il avait aussi maintenu Élodie dans l’idée que leur survie dépendait de l’argent de sa sœur.
Cela n’effaçait pas sa cruauté.
Mais cela l’expliquait en partie.
Une semaine plus tard, Marianne accepta une rencontre dans le bureau de Claire.
Philippe arriva en premier.
Il semblait avoir