répondait parfois au téléphone à sa place.
Il avait toujours une explication.
Et Claire avait voulu le croire.
La lieutenante Moreau interrogea Élise plus tard en présence du personnel médical.
Elle apprit que le chauffage de la remise était contrôlé par une application domestique installée sur l’ordinateur de Marc.
Les enquêteurs obtinrent rapidement les journaux techniques auprès du fournisseur du système.
À 17 h 46, le thermostat de la remise avait été abaissé à sa valeur minimale.
La commande venait d’un ordinateur portable identifié par un numéro matériel unique.
Trois minutes plus tard, l’assureur d’Élise avait reçu la validation finale d’un changement de bénéficiaire.
La connexion provenait du même réseau domestique.
Plus important encore, les données techniques fournies par l’assureur correspondaient au même ordinateur.
Marc fut interrogé dans une petite salle de consultation vide.
Claire observait depuis le couloir.
— Vous avez coupé le chauffage à 17 h 46, dit Moreau.
— Je vous l’ai déjà dit.
Pour économiser.
— Trois minutes plus tard, le bénéficiaire du contrat de votre fille a été modifié.
Marc eut un rire bref.
— Et alors ? Elle utilisait mon ordinateur parfois.
— Votre fille affirme que vous aviez son téléphone.
— Elle ment.
— Elle affirme également que vous lui avez retiré sa batterie d’oxygène.
— Elle est confuse.
Moreau ne se laissa pas entraîner dans le débat.
— Voici l’identifiant de l’appareil ayant effectué les deux opérations.
Elle lut une longue suite de caractères.
Pendant plusieurs secondes, Marc ne bougea pas.
Puis sa main se dirigea instinctivement vers le sac d’ordinateur posé à ses pieds.
Le mouvement était minuscule.
Mais Moreau le vit.
— Cet ordinateur est dans votre sac ?
Marc cessa de respirer pendant un instant.
— Je veux un avocat.
— C’est votre droit.
La police préserva le sac le temps d’obtenir les autorisations nécessaires.
Pendant ce temps, l’enquête prit une nouvelle direction.
Élise se souvint qu’au début de la dispute, elle avait lancé un enregistrement sur sa montre connectée.
Marc avait confisqué son téléphone, mais il n’avait pas pensé à la montre.
Une partie de l’audio avait été synchronisée avant qu’elle ne soit emmenée trop loin du réseau.
La voix de Marc y était clairement audible.
Il reprochait à Élise le coût de ses soins, l’électricité consommée par ses appareils et l’argent qu’il estimait avoir sacrifié depuis des années.
Puis venait une phrase qui changea la nature du dossier.
— Cette assurance est la seule chose que tu puisses encore me rendre.
Élise répondait :
— Ce n’est pas ton argent.
— Tout ce que tu as existe parce que je me suis occupé de toi.
— Claire saura ce que tu fais.
Un bruit de lutte suivait.
Puis l’enregistrement s’interrompait.
Avec les témoignages, les constatations médicales, le cadenas extérieur, la commande du chauffage, les données numériques et l’enregistrement, les policiers décidèrent de placer Marc en garde à vue.
Claire pensait que le pire avait été découvert.
Elle se trompait.
Le matin de Noël, Élise lui demanda de retourner chez elle chercher une boîte métallique dissimulée derrière les couvertures de son placard.
— Ne l’ouvre pas là-bas, précisa-t-elle.
La maison familiale n’avait jamais paru aussi silencieuse.
Les policiers avaient terminé leurs premières constatations.
Le sapin brillait encore.
Deux tasses sales étaient restées près de l’évier.
Un cadeau emballé